Stéphane Séjourné, ancien ministre des Affaires étrangères d’Emmanuel Macron, aujourd’hui Vice-président de la Commission européenne chargé de la stratégie industrielle, vient d’arriver à Nouméa.
Bien que tardive, cette visite marque, enfin, le début d’une prise en considération de la Nouvelle Calédonie par l’Union européenne, alors que, jusqu’ici, seul le Groenland avait retenu son attention. Il aura fallu la tribune de Marine Le Pen, publiée dans Le Figaro du 28 avril dernier sous le titre « Le nickel calédonien, un atout dans la guerre mondiale économique », pour que les autorités de l’Union européenne sortent de leur longue torpeur.
Au Parlement européen, au sein du groupe Patriotes pour l’Europe, je plaide pour que l’Union européenne ouvre les yeux sur l’immense trésor calédonien que constituent ses 25 % de réserves mondiales de nickel. J’ai souligné à de nombreuses reprises combien cet actif minier était sous-exploité aujourd’hui, alors que 97% des importations européennes de nickel proviennent d’entreprises chinoises ou indonésiennes à capitaux chinois.
La visite de Stéphane Séjourné à Nouméa doit donner lieu à la signature d’un mémorandum d’accord entre la Commission européenne et le gouvernement de Nouvelle-Calédonie. C’est un point positif. Mais il faut aller plus vite et plus loin en organisant l’insertion privilégiée du territoire, de son minerai et de sa production dans les approvisionnements stratégiques en nickel de l’industrie européenne.
Il faut aussi donner un contenu ambitieux à la relation de l’Union européenne avec les autres territoires ultramarins bénéficiant du statut européen de PTOM, en particulier avec la Polynésie française dont la zone économique exclusive constitue une immense source de richesse potentielle dont elle doit être la première bénéficiaire.
Sur le modèle du « Forum des Régions ultrapériphériques » (RUP) réuni par le vice-président exécutif de la Commission européenne, Raffaele Fitto, le 18 novembre 2025, je souhaite qu’un forum des PTOM de l’Union européenne se réunisse bientôt à Bruxelles. Avec les commissaires européens Stéphane Séjourné pour l’industrie, Kóstas Kadís pour l’Économie bleue et Jozef Síkela, spécialement en charge des PTOM, mais aussi avec les États membres et les élus et forces vives des territoires, ce forum pourrait jetter les bases d’une ambition inédite pour les PTOM. Une ambition d’autant plus nécessaire pour les territoires français du Pacifique qui s’inscrivent au cœur de la nouvelle géopolitique mondiale.
Au moment où l’Union européenne négocie son prochain budget 2028-2034, il n’y a aucune fatalité à voir le Groenland bénéficier à lui seul de la moitié des crédits communautaires des PTOM alors qu’ils suscitent une convoitise étrangère, peut-être moins bruyante que celle du président Donald Trump, mais tout aussi réelle.