Le rapport annuel 2025 de la Cour des comptes européenne est sans appel : les dépenses budgétaires de l’Union font l’objet d’une opinion défavorable quant à leur légalité et à leur régularité. Le taux d’erreur estimé dans les dépenses européennes atteint 3,8 %, presque deux fois le seuil à partir duquel les irrégularités sont jugées significatives. Les manquements aux règles des marchés publics et des subventions s’aggravent, tandis que les dépenses insuffisamment justifiées se multiplient.
Comment la Commission européenne peut-elle justifier sa volonté de porter le budget de l’Union à près de 2.000 milliards d’euros pour la période 2028-2034, soit une augmentation de 59% par rapport au cadre actuel, alors qu’elle peine déjà à garantir la bonne utilisation des fonds publics ? La situation est d’autant plus préoccupante que la dette contractée pour financer NextGenerationEU pèsera durablement sur les budgets futurs. Selon les estimations reprises par la Cour, les intérêts liés au soutien non remboursable pourraient atteindre environ 93 milliards d’euros sur la période 2028-2034. La Commission n’a toujours pas publié de stratégie globale de remboursement jusqu’en 2058.
La Facilité pour la reprise et la résilience soulève également des interrogations : la Cour a relevé des problèmes dans neuf des 37 paiements de subventions examinés en 2025, ainsi que des insuffisances dans les vérifications réalisées par la Commission.
La délégation française du groupe des Patriotes exige que la Commission renforce les contrôles, garantisse la traçabilité des fonds, récupère les sommes indûment versées et présente une stratégie crédible de remboursement de la dette. Les contribuables européens ne doivent pas être condamnés à payer davantage pour compenser les défaillances d’une administration européenne incapable de garantir la régularité de ses propres dépenses.