Interdiction de l’exploitation des hydrocarbures en outre-mer : le mépris de trop

André Rougé

Communiqué

05 juin 2026

Mercredi 3 juin, la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale a rejeté la proposition de loi visant à lever dans les outre-mer l’interdiction de recherche, d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures. Ce rejet en commission a été obtenu par la coalition de la gauche, des écologistes et des macronistes, contre les positions du Rassemblement national défendues par Alexandre Loubet.

Ce déni de droit, guidé par une écologie punitive, sourde aux attentes de développement des outre-mer, envoie un signal catastrophique à tous nos compatriotes ultramarins avant le vote du texte prévu le 11 juin.

La Guyane, qui pourrait être demain source de production d’hydrocarbures, serait particulièrement lésée. Nos compatriotes guyanais l’accepteront d’autant plus mal que le Guyana a cru, lui, de 43 % en 2024 et qu’au Suriname voisin, les projections économiques anticipent un accroissement majeur de la richesse nationale par l'exploitation commerciale de ses réserves. Pendant ce temps, ce département français d’Amérique, grand comme le Portugal, enregistrait en 2024 une croissance négative de – 1,1 %…

Notre pays se condamnerait aussi à ne pas explorer les potentialités pétrolières et gazières de son immense zone économique exclusive de l’océan Indien, du canal de Mozambique et du Pacifique.

Adepte d’un principe de précaution poussé à l’absurde, la France continue à n’engager aucune campagne de recherche d’envergure sur les réserves de nodules polymétalliques qui gisent au fond de ses océans, notamment aux Îles Éparses, et pour lesquelles s’affrontent déjà la Chine et les États-Unis.

Plutôt que de remettre en cause son dogme vert, ce gouvernement sans majorité observe comment des bandes criminelles pillent les réserves d’or de Guyane, en commettant au passage d’innombrables crimes au mercure contre l’environnement.

Quant aux Français des outre-mer, victimes de cette reddition collective des dirigeants de la nation, ils constatent que le macronisme finissant les prive, une fois encore, de leur droit à la prospérité.

Pourtant, une exploitation raisonnée des ressources naturelles dans les outre-mer est non seulement possible mais nécessaire. Elle l’est d’abord pour l’emploi, le bien être, la croissance et l’autonomie économique de cette France du grand large. Elle l’est aussi pour protéger nos ressources inexploitées du pillage. Enfin, elle est possible et nécessaire pour renforcer la souveraineté énergétique française dans ce moment crucial où notre pays en a le plus besoin.

Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu doivent comprendre que l’on ne privera pas éternellement les outre-mer de tout espoir de développement. À moins d’un an de l’élection présidentielle, le sujet est posé.

André Rougé

Communiqué

05 juin 2026

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