Lundi dernier, à Luxembourg, les 27 ministres de l’Agriculture de l’Union européenne ont adopté une position commune sur la réforme de la PAC pour 2028-2034. L’autonomie du POSEI vis-à-vis de la PAC a été purement et simplement sacrifiée. Sauf renégociation, ce programme emblématique de la spécificité ultramarine deviendra donc une sous-rubrique de la PAC.
En ratifiant un tel contresens, alors qu’elle devait au contraire plaider sans relâche pour les agriculteurs, les filières des DROM et le POSEI, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, porte une lourde responsabilité.
Cette décision néfaste contredit de plein fouet mon rapport parlementaire de juillet dernier sur la PAC et le POSEI dans lequel j’avais défendu la sanctuarisation du POSEI avec l’accord de la majorité de mes collègues de la commission du Développement régional (REGI).
Sur le plan financier, la situation est également préoccupante. Avec une enveloppe globale de la PAC amputée de 87 milliards par rapport à la période 2021-2027, la pression budgétaire que font peser Ursula von der Leyen et l’Allemagne menace cette fois les crédits du POSEI. Des crédits pourtant bloqués, depuis 2013, à 653 millions d'euros par an pour l'ensemble des RUP !
Cette fois encore, la machine technocratique bruxelloise est insensible à la nécessité absolue de garantir, a minima, les enveloppes de la PAC et du POSEI. Une nécessité que j’avais aussi souligné sans équivoque dans mon rapport parlementaire comme lors de mon audition du 13 octobre dernier à EURODOM.
Face à une mécanique européenne qui refuse de comprendre les réalités ultramarines, et face aussi à la mollesse choquante du gouvernement français qui abandonne le combat avant même de le livrer, je continuerai de plaider sans relâche à Bruxelles, avec les Patriotes pour l’Europe, pour l’agriculture des Outre-mer.