Tribune de Dominique Bilde

 

Au Parlement européen, la course à l’échalote écologiste bat son plein !

Mercredi dernier, lors d’une réunion sur un sujet du paquet Énergie et Climat, voici que les socialistes y déclaraient fièrement qu’ils étaient plus écolos que les écolos eux-mêmes… de quoi énerver les Verts qui firent savoir à l’assistance qu’ils étaient – eux ! –  plus socialistes que les socialistes ! 

Une véritable passe d’armes digne d’une cour de récréation ! 

Pour faire bonne figure, tout ce beau monde s’est aligné sur la promotion exclusive des véhicules zéro-émission, réclamant la suppression de la mention “et basse émission” qui l’accompagnait à l’origine. Un détail qui n’en est pas un : en liquidant cette appellation qui regroupe en effet toutes les voitures électriques et certaines roulant à l’hydrogène, celles-ci se retrouveraient bannies si l’on suivait le jusqu’au-boutisme écologiste. Rappelons quand même que les véhicules à moteur thermique font déjà l’objet de toutes les attaques !

Quand on connait les prix de ces fameux (et censément peu fumeux) véhicules ”zéro émission”, il y a en effet de quoi être sceptique : cette politique n’a rien de social !  

La transition écologique se conçoit visiblement pour la gauche en dehors de toutes les réalités.

En envoyant à la casse des voitures que les Français n’ont pourtant pas les moyens de changer pour satisfaire aux exigences européennes, voici que les Français devraient renoncer à un véhicule pour privilégier… un vélo et une voiture partagée.

Est-ce bien sérieux ? 

Cela pourrait d’ailleurs prêter à sourire si la gauche se contentait de pédaler dans le vide. Le problème, c’est que cela a des conséquences graves pour les Français ! 

En effet, en zone rurale la voiture est un bien de première nécessité. Elle est essentielle pour aller travailler ou aller chercher les enfants à l’école. Il est primordial de réduire notre dépendance aux énergies fossiles, car les ressources s’affaiblissent considérablement et leurs prix explosent. Par exemple : les pics de production de pétrole à extraction conventionnelle ont été atteints en 2006 accentuant la crise financière de 2009. 

Ensuite, le tout électrique, présenté comme un totem, fait l’impasse sur l’explosion de la demande en énergie pour faire rouler ces véhicules, mais aussi sur la difficulté d’installation du réseau. En région, les collectivités territoriales ont le plus grand mal à installer des bornes de recharge électrique, surtout en zone rurale. Pire encore : quand celles-ci sont opérationnelles, elles sont faiblement utilisées, car elles ne sont pas adaptées au mode de vie des Français habitant dans la ruralité. On veut en effet leur imposer des voitures dont l’autonomie des batteries ne suffit pas à répondre à leurs besoins de déplacement. 

N’est-il pas paradoxal pour des “progressistes” de vanter pour tout le monde une mobilité totalement inadaptée en dehors des centres urbains ?

De plus, les incitations fiscales pour favoriser l’achat de voitures dites propres ouvrent la voie à un autre problème : celui de l’arrivée massive de voitures chinoises. Elles sont 50 000 à rouler actuellement en Europe. D’ici quelques années, c’est près d’un demi-million de voitures “made in China” qui devraient sillonner les chemins asphaltés de notre pays, et plus largement, de notre continent. 

Les collectivités régionales, comme la région Grand Est, à l’instar de l’Union européenne, soutiennent l’acquisition de véhicules électriques et même de gros 4×4 hybrides uniquement accessibles par les catégories sociales les plus aisées, et dont la provenance n’est visiblement pas une source d’inquiétude pour eux !

En attendant, les contribuables français soutiennent donc la filière chinoise et pour eux c’est la double peine : d’une part, on les pousse à acheter des véhicules produits à l’étranger (car moins chers), et de l’autre, on organise la criminalisation de leurs comportements !

Il est temps de revenir à la raison !