Tribune du Dr. Joëlle Melin, Député français au Parlement européen

Les résultats de la session 2019 du baccalauréat à Mayotte sont tombés et peuvent être qualifiés de catastrophiques : 42,2% toutes filières confondues, soit moitié moins que le score national et surtout 8 points de moins que les 50,2% de 2018.

Avec 46.6% de reçus au Bac général, les résultats du département sont inférieurs de plus de 4% à ceux observés en 2018.

Avec un taux de réussite de 31% contre 38% en 2018, ainsi qu’un taux de 51,4% contre 66,5% l’an dernier, les bacs « Techno » et les bacs « Pro » ne sont pas en reste et sont également fortement touchés par cette baisse de la réussite à cet examen. Cela augure très mal des possibilités professionnelles sur l’île.

Si les résultats de l’an dernier pouvaient se justifier par les différents blocages qui avaient touché l’île, les résultats de cette année sont le témoin que le mal est bien plus profond et surtout ancien.

Entre l’absence d’infrastructures suffisantes pour accueillir l’ensemble des élèves toujours plus nombreux en raison de l’explosion migratoire, le manque de professeurs qualifiés qui entraîne un recours massif à des vacataires, le département n’a pas les moyens d’assurer une scolarité de qualité aux Mahorais.

En effet, avec une augmentation du nombre d’élèves de plus de 40% sur les dix dernières années, on estimait déjà le nombre de classes manquantes à 346 en 2017 imposant un système de rotation des élèves entre le matin et l’après-midi. A ces difficultés d’insuffisance du

bâti, viennent s’ajouter des transports scolaires déficients, une restauration scolaire embryonnaire et des personnels en nombre insuffisant mais surtout, et c’est encore plus grave, insuffisamment formés. Et cela pour une raison simple : avec une moindre « indemnité de vie chère » qu’à la Réunion, malgré un coût de la vie comparable, l’île est peu attractive pour les enseignants titulaires, qui donc, ne représentent qu’environ 60% des effectifs.

Compte tenu de ce constat d’échec qui ne peut aller qu’en s’aggravant, le Dr. Joëlle MELIN, député européen, demande avec fermeté la prise en compte urgente par l’État français, comme par l’Union européenne, des difficultés démographiques et économiques à l’origine de l’échec scolaire au sein de ce 101ème département, par ailleurs Région ultrapériphérique. Elle insiste aussi sur la gravité du phénomène migratoire dont les conséquences catastrophiques touchent de plein fouet notre jeunesse mahoraise.