Monsieur le Ministre,

Samedi 31 août est mort Timothy, 19 ans, apprenti pâtissier, sur l’esplanade d’une gare routière de Villeurbanne. En se rendant à un festival de musique, il a croisé le chemin de Sultan Marmed Niazi, demandeur d’asile de nationalité afghane, qui l’a mortellement poignardé à plusieurs reprises.

Depuis ce samedi, le maire socialiste de Villeurbanne et des membres de votre gouvernement nous accusent de « récupérer » politiquement ce drame atroce. Nous n’avons fait que rendre hommage à ce jeune Timothy qui, selon les éléments dont l’opinion publique dispose, a eu un comportement héroïque lors de cette attaque, et avons pointé du doigt ce qui nous semble être des dysfonctionnements de la part de l’Etat qui ont pu conduire à ce drame.

Il est dans notre rôle démocratique, comme membres de l’opposition, comme parlementaires et élus, de nous saisir de faits graves qui se produisent dans notre pays, pour en faire une analyse, en déterminer les causes, en dénoncer les responsabilités, et y apporter des propositions et des solutions.

Ayant obtenu la confiance de millions de nos compatriotes lors des précédents scrutins, nous avons aussi le devoir de porter leur parole, de relayer leurs préoccupations et leurs interrogations.
C’est ce que fait légitimement le Rassemblement National. Les accusations ignobles et insultantes « d’exploitation éhontée », comme l’a fait Madame Belloubet à l’égard de Marine Le Pen, ne nous feront pas taire.

Plusieurs éléments dans cette affaire de Villeurbanne posent question, et les Français attendent de votre part des réponses précises.

Comment se fait-il qu’un individu de nationalité afghane, arrivé dans notre pays en 2016 après plusieurs étapes en Europe, connu sous deux identités différentes et trois dates de naissance, et qui ment donc notoirement aux autorités françaises, ait pu bénéficier en 2018 du statut de la protection subsidiaire ?

Quelle est l’utilité du statut intermédiaire et extrêmement flou de protection subsidiaire accordé par l’OFPRA, qui crée de fait une nouvelle source d’immigration provenant notamment d’Afghanistan, première nationalité en nombre de déboutés du droit d’asile ?

Comment est-il possible que cet homme était, selon le directeur de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, hébergé dans un centre pour demandeurs d’asile, alors que son statut ne lui permettait pas de l’être ?

Comment un individu « à l’état psychotique envahissant » et « au délire paranoïde à thématiques multiples », selon un expert psychiatre, consommateur régulier de drogues, a pu obtenir un renouvellement de sa carte de séjour ? Pourquoi laisser libres dans notre pays et loger aux frais des Français des migrants qui représentent un tel danger pour notre sécurité ?

Comment expliquez-vous de tels dysfonctionnements dans les services de l’Etat, et que prévoyez-vous pour y remédier ?

Plus globalement, je souhaite vous alerter sur la situation migratoire explosive que connaît notre pays, et dont le drame de Villeurbanne n’est qu’une tragique illustration. Notre pays ne peut plus, pour des raisons économiques, de sécurité et d’identité, accueillir une immigration telle que nous la connaissons.

Je vous demande solennellement un moratoire sur l’immigration massive dans notre pays, en prenant de toute urgence les dispositions qui s’imposent : contrôler nos frontières nationales, réduire au strict minimum les titres de séjour, mettre fin au droit du sol et au dévoiement du droit d’asile, expulser systématiquement les clandestins, et poursuivre ceux qui incitent, favorisent et aident l’immigration clandestine dans notre pays.

Lorsqu’il était encore aux responsabilités, François Hollande a eu des mots très forts en évoquant une « partition » à venir de notre pays. Votre prédécesseur Gérard Collomb avait fait part de ses craintes qu’en France, on ne vive bientôt plus « côte à côte » mais « face à face ». Ces déclarations démontrent qu’au plus haut sommet de l’Etat, vous n’êtes pas sans connaître ce qui se trame. Vous avez donc l’impérieuse responsabilité d’agir, car cette terrible situation est en passe d’arriver.

J’espère que vous entendrez mon alerte et mes grandes inquiétudes, qui sont celles de millions de Français, et je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes sentiments respectueux.

Jordan Bardella
Député français au Parlement européen
Vice-président du Rassemblement National