Question écrite de Bruno Bilde, député du Pas-de-Calais, à Nicole Belloubet, ministre de la Justice, sur la présence de 280 revenants du djihad en France

M. Bruno Bilde interroge Mme la garde des sceaux, ministre de la justice sur la situation des djihadistes « français » déjà présents sur le territoire national.

Le 24 mars 2019, au lendemain de l’anniversaire de la mort du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame lors de l’attentat de Trèbes, Nicole Belloubet a déclaré sur le plateau de BFMTV : « près de 200 adultes et 80 enfants sont déjà revenus (…) et sont extrêmement surveillés ».

Cette dernière annonce stupéfiante vient une nouvelle fois semer la confusion et l’inquiétude après plusieurs mois de flou artistique et de revirements sur cette question cruciale qui touche à la sécurité des Français.

Alors que 82% de nos compatriotes sont opposés au retour des djihadistes en France et que 67% sont hostiles au « rapatriement » des enfants selon un sondage Odoxa-Dentsu consulting du 28 février dernier, la ministre de la justice dévoile que près de 300 individus partis combattre sous la bannière noire de l’Etat islamique sont d’ores et déjà revenus dans notre pays.

Plus terrifiant, ces bombes à retardement ne seraient pas en prison mais simplement « surveillées ». En clair, des terroristes islamistes qui ont déclaré la guerre à la France en commettant en Syrie et en Irak, des atrocités, des massacres, des viols, des exactions, seraient aujourd’hui lâchés dans la nature.

Pourtant, le 29 janvier dernier, Christophe Castaner avait assuré :

« Certains sont déjà revenus, nous les mettons en prison, nous les connaissons. Ceux qui reviendront, s’ils devaient revenir, seront mis en prison. Ce n’est pas une question d’être acceptés. S’ils viennent en France, ils seront incarcérés. »

Dans le prolongement, le 18 février dernier, Nicole Belloubet indiquait : « lorsque des personnes de retour des terrains de combat arrivent, nous les judiciarisons ».

Quel est le vrai du faux ? Où se trouvent réellement ces barbares ? Comment pourraient-ils être surveillés en dehors d’une cellule sachant que nous n’avons pas les effectifs de renseignement pour surveiller les 12 000 fichés S pour radicalisation ? Le gouvernement doit impérativement mettre un terme à cette cacophonie et apporter des réponses claires et précises au peuple français.

Bruno Bilde rappelle qu’il était extrêmement dangereux et irresponsable d’accueillir et d’entretenir 130 revenants du djihad dans les prisons françaises qui comptent déjà 1 200 détenus radicalisés et plus de 500 écroués pour terrorisme. Il serait totalement fou et suicidaire de laisser les fauves islamistes en liberté et de leur permettre d’ensanglanter à nouveau notre sol.

Combien de temps encore, le gouvernement va-t-il jouer avec la sécurité des Français ?