Question écrite de Bruno Bilde, député du Pas-de-Calais, à Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé, sur la colère des pharmaciens face au démasquage massif des grandes surfaces

M. Bruno Bilde interroge M. le ministre des solidarités et de la santé sur le mépris du gouvernement pour les pharmaciens confrontés à la pénurie de masques depuis le début de la crise sanitaire et aujourd’hui spectateurs médusés de la commercialisation massive des grandes et moyennes surfaces.

En effet, dans un communiqué en date du 30 avril dernier, tous les présidents des ordres des professions de santé ont exprimé leur amertume et leur incompréhension à la suite des annonces de plusieurs grandes enseignes relatives à la mise en vente de centaines de millions de masques chirurgicaux destinés au grand public. Cette profusion ahurissante et soudaine interroge légitimement l’ensemble des personnels médicaux et particulièrement les pharmaciennes et pharmaciens qui ont été mobilisés en première ligne dès les premières heures du confinement pour gérer le manque de matériel de protection.

Depuis près de deux mois, les 22 000 officines de France sont obligées de distribuer les masques chirurgicaux au compte-gouttes en rationnant à outrance les soignants avec seulement 500 pièces par semaine. Pour répondre à la faiblesse des ressources, le gouvernement a imposé par décret du 3 mars 2020 l’interdiction de la vente de masques aux particuliers. En responsabilité, les pharmaciens se sont pliés à toutes les règles de leur ministère de tutelle subissant régulièrement les foudres de leurs clients y compris malades, en recherche de l’objet rare que l’exécutif considérait jusqu’à encore récemment comme inutile.

Aujourd’hui, alors que les pharmacies sont officiellement autorisées à délivrer des masques chirurgicaux, la plupart des officines n’ont plus de stocks et sont donc dans l’incapacité de répondre à la forte demande des Français à quelques jours du déconfinement. En parallèle, les blouses blanches qui ont prêté le serment de Galien assistent désabusées à l’étalage de près de 500 millions de masques dans les grandes et moyennes surfaces.

Pourquoi l’Etat n’a t-il pas réquisitionné une partie des masques commandés ou stockés par les grandes surfaces pour les distribuer aux personnels soignants des hôpitaux et des Ehpad, aux ambulanciers, aux pompiers, aux forces de l’ordre ?

Pourquoi le gouvernement a-t-il jeté les pharmaciens en première ligne pour gérer la pénurie et laisse aujourd’hui la grande distribution gérer ses marges avec des stocks quasi illimités ?