110 ans de la bataille de Verdun

Jordan Bardella

Communiqué

22 février 2026

Il y a cent dix ans, jour pour jour, s’abattait, sur le plateau de Verdun, le plus gigantesque bombardement de l’histoire militaire, avec un million d’obus en près de 24 heures, 80 000 sur le seul petit bois des Caures sur lequel nous étions cet après-midi.

Neuf villages français, avec leur école, leur mairie, leur église et leurs fermes furent ainsi, en quelques heures, rayés définitivement de la carte.

Ils sont aujourd’hui considérés comme « morts pour la France ».

La légende prétend que le fort de Douaumont, site symbolique s’il en est, fut le lieu le plus bombardé au monde : nous ne sommes pas loin de la réalité.

Verdun, c’est la Voie Sacrée qui mène à un plateau qui domine la petite cité de Verdun, un espace de ravins et de crêtes, de bois et de champs, devenu subitement un volcan de feu et de fer ; une fournaise qui, durant des mois, a englouti des hommes par milliers.

L’enfer de Verdun allait durer jusqu’en décembre 1916.

Cet affrontement dantesque fut l’une des plus grandes batailles de l’histoire des Hommes. Un choc frontal et total entre deux pays, la France et l’Allemagne.

Mais ce fut aussi très vite, dans le cœur de nos soldats et de tous les Français de l’arrière, le symbole de la volonté de résistance de toute une nation contre une abominable hégémonie impériale.

Verdun est certainement une des plus illustres batailles de l’histoire de France, la plus effroyable aussi.

Elle est - et on l’oublie trop souvent - une victoire française. La victoire du soldat français, et même du soldat-citoyen.

Ayant enregistré quelques succès en 1915, l’empire allemand croyait, à tort, pouvoir, dans le corridor de Verdun, percer le front français, anéantir notre armée et foncer jusqu’à Paris.

C’était mal connaître le caractère des Français de l’époque, mal comprendre l’âme de ces soldats qui, durant ces heures, ces semaines et ces mois d’épouvante, remplacèrent avec leur corps les citadelles de pierre qu’un état-major avait imprudemment désarmées.

Plus d’un million et demi de Français sont passés à Verdun, au fil des relèves de la fameuse « noria », cette montée au front de tous les régiments de France.

Et c’est parce que pratiquement tous les régiments français sont passés à Verdun que ce lieu a parlé et parle encore à toutes les familles de France, à tout un pays, à tout un imaginaire national.

Lorsqu’il est décidé en 1920 du choix du soldat inconnu, qui sera enterré sous l’Arc de triomphe, c’est très naturellement que la cérémonie de désignation du cercueil s’est tenue dans la citadelle de Verdun, au pied de ce champ de bataille devenu mythique.

Dans les poitrines des Poilus, défenseurs de Verdun et de la Patrie, ne battait qu’un seul cœur, celui de la France. De ces poitrines, n’émanait qu’un seul et même inébranlable souffle, une seule foi partagée par tous : « on ne passe pas ! ».

Et comme il est gravé sur le monument de pierre de la colline du Mort-Homme, l’un des hauts lieux de la bataille qui vit de terribles combats, « ils n’ont pas passé ! »    

A l’aube de ce 21 février 1916, sous les arbres du Bois des Caures, dans la lumière froide de l’hiver, rien ne bouge encore.

Emile Driant, Saint-Cyrien, officier en retraite devenu député nationaliste de Nancy, est là avec ses hommes, les chasseurs à pied des 56e et 59e BCP. Il attend un assaut qu’il sait imminent.

A la déclaration de la guerre, il aurait pu rester à l’Assemblée ; mais il avait choisi le front.

Écrivain militaire, il connait l’art du combat, des sièges de forteresses et des assauts. 

Depuis des mois, il a vu et analysé les mouvements de troupes ennemies. 

Alors, il tente, en vain, de convaincre l’état-major du Général Joffre des préparatifs allemands de grande ampleur qu’il voit s’organiser, sous ses yeux, autour du secteur de Verdun.

Il écrit, se déplace à Paris, et insiste. Il cherche désespérément à faire bouger les inerties, à sortir les hautes sphères des théories hors sol, à remuer la conscience hautaine du général en chef, engourdie dans des certitudes lointaines. On le traite d’importun. On veut le sanctionner.

Face à son insistance, on temporise, on minimise, on diffère. L’hiver, professe-t-on en haut lieu, fige les offensives. Seul le clairvoyant général de Castelnau, le Maréchal injustement oublié, prendra au sérieux ces alertes et ordonnera quelques aménagements qui seront effectués dans l’urgence.

Le 20 février, dans son abri, sachant l’heure venue, prévenu de l’imminence de l’offensive par des déserteurs alsaciens, il écrit à sa femme ce dernier mot : « Je me sens très calme. Je ferai de mon mieux ! »

Ce qui frappe chez cet homme qui se sait sacrifié, ce n’est pas l’héroïsme flamboyant, mais la sereine détermination, la conscience habitée par l’idée que le devoir l’appelle à faire face, et qu’au-delà de sa personne, il existe, dans le combat pour la France, quelque chose de transcendant.

Quand arrivera le choc, il n’émettra aucune plainte, ne tremblera pas. Il tiendra son poste, sans faiblir.

A 7h15 du matin, le ciel se déchire. Pendant neuf heures, et en réalité pendant les neuf mois qui suivent, va se déchaîner un terrible vacarme qu’on entendra à des dizaines de kilomètres à la ronde.

C’est un ouragan d’acier et de flammes qui s’abat alors sur le plateau, et notamment sur le Bois des Caures.

Les arbres éclatent ; les tranchées sont ensevelies ; les abris sont écrasés. Des centaines de soldats français sont abasourdis par la puissance des impacts, fauchés par les éclats incandescents, enterrés vivants.

A 16h, le bombardement s’allonge, signe que l’assaut va suivre.

Très vite, les premières vagues surgissent des brumes, soutenues par des lance-flammes et de puissantes mitrailleuses. Les Allemands ont engagé leurs meilleures troupes pour cet assaut décisif.

Dans ce paysage que l’artillerie a rendu lunaire, dans ce décor calciné et retourné, où il ne reste que quelques carcasses d’arbres consumés et des entonnoirs de boue et de sang mêlés, l’ennemi s’attend à marcher sur des cadavres.

Les régiments prussiens et hessois, très aguerris au combat, trouveront, sortant des ornières boueuses et froides, des soldats « bleu horizon » qui surgissent du néant.

A la tombée du jour, le bois des Caures est en partie submergé, mais les chasseurs ont tenu, et même, par certains endroits, ils ont contre-attaqué et fait des prisonniers.

L’assaut qui devait être éclair a été grippé, et avec lui les premières certitudes du Kronprinz sous l’égide duquel l’opération allemande présomptueusement dénommée « das Gericht » (le jugement) était solennellement placée.

En couvrant un repli tactique des vaillants soldats encore en vie et dont aucun n’a cédé à la sidération du feu, Emile Driant va tomber, ce 22 février 1916 à 15h30, frappé d’une balle tirée à courte distance.

Lorsque l’assaut allemand finit par submerger les lignes des Poilus, ce n’est pas une défaite. Les chasseurs du colonel Driant ont échangé leur vie contre du temps, un temps précieux, et même déterminant, qu’ils ont offert à la France.

Ce sacrifice, consenti en conscience, vient nous dire que, pour la France, il n’est pas de petits combats. L’histoire bascule quelques fois sur quelques heures gagnées, sur quelques volontés qui refusent de plier, par la volonté de quelques-uns : celle de ne pas céder.

Au cœur de l’écrasante mécanique de la guerre qui broie les corps et les âmes depuis le 2 aout 1914, date de la mort glorieuse du Caporal Peugeot, premier soldat français tombé au champ d’honneur, des hommes ont, une fois encore, choisi de faire face.

Driant a tenu le fil qui relie l’autorité au devoir, la lucidité au courage, la détermination au don de soi. Il a montré qu’un chef n’est pas celui qui ordonne de loin mais celui qui voit, qui sent, qui sait et demeure debout, même quand la terre s’ouvre.

Ce n’est pas Emile Driant qui transforme son sacrifice empreint d’humilité en symbole, c’est l’histoire qui s’en charge, c’est la mémoire des Français qui ne veulent pas oublier, c’est le souvenir pieux et déférent qu’un pays doit à ceux qui ont donné pour lui le meilleur d’eux-mêmes. 

Le sacrifice glorieux d’Emile Driant nous enseigne de ne pas vivre en retrait de ce que l’on croit, de ne pas séparer la pensée de l’action, et lorsque survient l’orage, de savoir continuer à se tenir debout, quoiqu’il arrive, quelles que soient les erreurs qui ont pu être commises par d’autres.

C’est certes un cruel destin, mais un honneur que de l’assumer.

Dans un monde saturé de paroles, dans un temps qui cherche à occulter la réalité, où une société repue d’indignations factices se cherche des diversions dérisoires, où les dirigeants se cachent derrière le moindre prétexte pour fuir leurs responsabilités, l’exemple d’Emile Driant vient nous rappeler que le courage consiste à demeurer vigilants lorsque d’autres préfèrent regarder ailleurs, à avancer lorsqu’il est plus confortable de s’abriter dans des postures dilatoires, à combattre sans rien lâcher, même quand l’issue est incertaine.

Cette vigilance ne procède pas d’une angoisse permanente mais d’une juste capacité à regarder la réalité en face, d’user du courage d’y faire face et de suppléer quand ceux qui devaient décider ont fui leurs responsabilités.

Dans les temps incertains que connait le pays et qu’une classe politique tente, par de trompeuses illusions, d’occulter, cette leçon de vie reste d’une constante actualité.

La seconde personne à laquelle je voudrais rendre hommage, en ce lieu et en ce jour, est le commandant Raynal.

Le commandant Raynal est l’exemple de l’héroïsme des soldats français, ceux dont on a pu légitimement dire avec respect et admiration : « Ils ont fait Verdun ! ».

Cet officier, plutôt classé à gauche, qui a choisi une affectation à Verdun après une convalescence, va s’illustrer par la défense du fort de Vaux.

Avec ses hommes dont un, Edgard de Larminat, Légion d’honneur à 23 ans, puis plus tard Compagnon de la Libération, il deviendra le symbole de la résistance aux assaut allemands.

Dans les coursives de la forteresse écrasées sous les obus et noyées sous les gaz de combat, ils se battront, dans la quasi-obscurité, au corps à corps, au milieu des blessés et des morts, attendant de vains renforts, un engagement total jusqu’à l’épuisement.

Le 4 juin, le fort, assiégé de toutes parts, envoie son dernier pigeon, pour rendre compte de sa situation désespérée.

Ce pigeon que les soldats ont affectueusement baptisé « Vaillant » et qui mourra à son arrivée, asphyxié par les gaz, restera comme l‘image de l’esprit de résistance des assiégés. 

Le 7 juin, après une défense héroïque, privés d’eau depuis des jours, vaincus par la soif, ils sont contraints de se rendre, non sans avoir transmis par communication optique le dernier message du fort, un message d’encouragement et d’espoir qui tient en trois mots : « Vive la France ».

Lorsque les survivants du fort de Vaux sortiront de la citadelle, les Allemands leur présenteront les armes par respect pour un courage qui a impressionné tout le champ de bataille.

Le Kronprinz en personne voudra rencontrer ce valeureux commandant à qui il remettra solennellement une épée d’officier français, une épée que le prisonnier de guerre aura le privilège de garder durant toute sa captivité, jusqu’à sa libération en 1918. Un acte de chevalerie dans cet enfer de la guerre !

Le fort de Vaux est tombé, mais en donnant à la France un nouvel exemple d’héroïsme dont les tourments terribles de la bataille de Verdun furent, durant neuf mois, le témoin silencieux.

Au cœur de l’inhumaine démesure de cette bataille, la résistance du fort de Vaux en juin 1916, puis, quelques temps après, de Souville, nous rappelle qu’au-delà les logiques industrielles, des mouvements d’armées entières, les batailles, sont le fait d’exploits individuels, d’actions magnifiques de petits groupes qui avaient à cœur de faire leur devoir, rien que leur devoir.

A Verdun, ce sont des soldats qui se sont illustrés.

Chaque homme, chaque unité, souvent isolés mais toujours unis par une incroyable fraternité d’arme, est devenu une citadelle morale, chaque âme un rempart.

Ce sont ces gestes, ces actes souvent invisibles mais exemplaires, qui ont forgé la victoire et, par leur exemple, entretenu l’âme de la nation.

Enfin, l’armée du Kaiser allemand se heurtera en juillet 1916 à la résistance du fort de Souville, une défaite allemande que représente aujourd’hui, sur le site de la bataille, une statue d’un lion couché, agonisant, vaincu.

La reprise du fort de Douaumont, qui interviendra le 24 octobre 1916, puis celle de Vaux le 2 novembre aura, en 9 mois, coûté à la France le sacrifice de 379 000 hommes, 163 000 morts et 216 000 blessés.

Ces soldats de Verdun, ces camarades d’infortune que Maurice Genevoix désignait pieusement comme « ceux de Verdun », n’étaient pas des figures mythologiques.

C’étaient des paysans, des instituteurs, des employés, des Français, souvent très jeunes, mobilisés comme des millions d’autres, des Français de toutes régions, de toutes conditions, unis par un seul mot : la Patrie !

Unis par une seule ambition, non la gloire, mais la fidélité. Fidélité à leurs camarades, à leur famille, à leur village, à leur pays.

Ils n’étaient pas des surhommes, ils étaient comme nous : ils souffraient du froid, de la peur, de la soif, de la douleur de voir tomber leurs amis, le crainte permanente de ne plus revoir les personnes aimées, la peur du jour suivant qu’ils ne reverraient pas. 

Verdun n’est pas seulement une épouvantable mêlée où de jeunes hommes vont perdre leur vie, leur santé et leur insouciance ; Verdun, c’est une somme de consciences.

Aucune nation ne tient par la force des armes, mais par la solidité morale de ceux qui les portent.

A Verdun, ils n’avaient pas choisi l’épreuve qu’ils allaient endurer, mais ce qu’ils ont choisi, c’est de ne rien céder.

Cet après-midi, nous avons foulé cette terre qui fut, il y a onze décennies, labourée par le déluge d’acier et de flammes. Cette terre qui, un siècle après, porte encore, on le voit, les cicatrices de ces combats gigantesques.

Nous avons fait le choix d’honorer ces héros français, si proches de nous, ces héros que l’on néglige, à voir l’état d’abandon de ces lieux sanctifiés comme le fort de Souville ou l’abri des quatre cheminées ; ces héros que l’on oublie à en juger par la discrétion des commémorations officielles en ce jour du cent-dixième anniversaire.

Nous referons de ce lieu un lieu de recueillement national et de pèlerinage civique, un lieu de mémoire et d’enseignement, un haut lieu de la mémoire où les Français pourront communier avec ce que notre patrie a produit de plus courageux.

Nous avons fait le choix de venir nous recueillir devant ces monuments, sur cette terre de France la plus sacrée qui soit, cette terre de France pétrie du sang de nos aïeux, combattre, souffrir, et parfois mourir, cette terre de souffrance et d’espérance d’où a jailli tant de larmes et de sang, mais aussi tant de courage et de gloire. 

Marine Le Pen y était venue lors du centenaire de la victoire en novembre 2018.

C’est dire si nous entendons être fidèles à ce recueillement. Parce que nous ne voulons pas oublier, parce que dans le fil qui nous rattache au temps, nous avons le devoir de transmettre.

Que nous dit Verdun aujourd’hui ?

Ces lieux nous rappellent que la grandeur d’une nation ne repose pas seulement sur ses richesses ou ses discours, sur son économie ou son désir de consommation, mais sur la qualité morale de ceux qui la servent.

Et de fait, comment ne pas se sentir petits devant ces ombres éclatantes qui émergent encore cent-dix ans après, petits devant ces noms glorieux qui s’alignent dans le temple de la gloire ? 

Pour notre part, nous tenons à venir nous incliner avec humilité et reconnaissance devant le témoignage de tant d’abnégation pour la patrie.

Devant Verdun, devant ces milliers de croix blanches alignées qui veillent comme d’humbles mais exigeantes sentinelles dressées pour l’éternité, on ne parle pas fort.

Le vent passe sur les hauteurs de Verdun, traverse les bois qui ont recouvert les reliefs tourmentés, glisse sur les pierres du souvenir. Il submerge nos esprits, pénètre nos cœurs, touche nos âmes.

Tout au long de la visite, nous nous sommes sentis envahis par l’émotion et la gravité, par la compassion mais aussi par un immense besoin d’humanité.

L’engagement pour la France, n’est pas moins exigeant que celui des soldats d’hier.

Il n’est évidemment pas comparable et personne n’aurait la prétention de prétendre rivaliser de mérite ou de souffrance avec ces héros. Mais s’il est d’une autre nature, et heureusement, notre engagement doit bien sûr s’en inspirer.

A tous les niveaux qu’elle trouve à s’exercer, nous devons retenir que la fonction n’est pas un privilège mais une charge.

Le pouvoir n’est légitime que s’il protège et élève, que s’il tend à préserver ce que la Nation a de plus cher et de plus singulier.

Nous tenons également ces lieux comme un invincible appel à l’unité.

Verdun, ce sont des employés et des artisans, des ouvriers et des patrons, des curés et des instituteurs, et dans cette France alors majoritairement rurale, des paysans, unis par la même foi, réunis dans le même élan, dans une situation d’apocalypse où chacun, à sa place, fit son devoir, jusqu’au sacrifice suprême, jusqu’à la victoire.

Certes, nous militants de la Patrie, nous n’avons plus à monter à l’assaut sous les obus, ni à combattre des peuples européens qui sont nos voisins et nos partenaires.

Comme l’avait dit le Général de Gaulle en évoquant les peuples d’Europe, « Ni le Rhin, ni les Pays-Bas, ni les Alpes, ni les Pyrénées, ni la Manche, ni la Méditerranée, pour lesquels ils se sont battus si longuement et si terriblement ne les dressent plus les uns contre les autres, entre eux les haines n'ont plus cours. »

Mais parce que nous sommes engagés dans le combat que nous menons pour la France, nous devons faire preuve du même courage et de la même responsabilité.

Nous devons souvent résister à un système pétri de certitudes, nous dresser face à l‘indifférence, surmonter l’esprit de renoncement et surtout, à chaque instant, avoir à cœur de nous dépasser.

Le combat n’est pas seulement une affaire de bravoure, mais c’est avant tout une expérience de vérité : pourquoi croire quand tout est présenté comme relatif ? 

Pourquoi combattre quand l’esprit du temps appelle à la facilité ? Pourquoi sacrifier du temps de sa vie quand l’esprit du moment invite uniquement à profiter ?

S’engager, c’est répondre à un appel du cœur et de la raison. C’est certes répondre à une consigne, à un ordre, mais c’est surtout répondre à une exigence intérieure, celle de surmonter la fatigue de l’engagement, de ne pas céder à la facilité, de ne pas abandonner, et je le crois profondément, puiser le meilleur de soi-même pour une cause qui nous dépasse.

C’est ainsi que nous donnerons un sens à notre vie, le sens, je le crois, le plus noble qui soit.

Là-bas, sous les collines ou les forêts labourées par les combats, reposent des hommes dont le courage parle encore. Ils ne nous demandent ni résignation, ni exaltation. Ils exigent autre chose : une fidélité.

Le message de Verdun n’est pas seulement figé dans la pierre rose des dix-huit chapelles de l’ossuaire, il traverse le temps comme une question posée à chaque génération :

Que faites-vous de l’héritage reçu ?

Êtes-vous dignes de ceux qui ont tenu la ligne et refusé le renoncement ?

Et une fois tout cela passé, quel sera le leg de votre vie ?

La mémoire de Verdun n’est pas un musée, c’est un appel.

Ces morts nous enjoignent d’abord de vivre pleinement notre vie de Français, avec conscience et joie, cette vie trop brève qu’eux, n’ont pas pu connaître.

Plus silencieusement, ils nous invitent à accepter les engagements nécessaires. Avec affection, ils viennent nous murmurer à l’oreille que servir une cause plus grande que soi n’est pas de la naïveté, mais de la grandeur.

Dans le monde qui vient, déchiré par les tempêtes, marqué par les incertitudes, leur histoire est fondamentale :

c’est celle de l’élan intérieur qui fit de ces hommes ordinaires les défenseurs de l’essentiel.

Enfin, la paix ne saurait être un simple idéal décoratif, invoqué lors des crises et oublié sitôt l’émotion dessinée.

Elle doit devenir une obsession structurante, c’est-à-dire un principe directeur de la conscience individuelle comme de l’ordre politique. Toutes les raisons, anthropologiques, éthiques et géopolitiques, l’imposent.

Jordan Bardella

Communiqué

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