Communiqué de Louis Aliot, député des Pyrénées-Orientales

Les surveillants pénitentiaires sont à bout. Ils exercent un métier extrêmement difficile et peu considéré. En temps normal, cette profession est déjà un sacerdoce. Les difficultés sont toutefois multipliées depuis l’apparition de la pandémie provoquée par le nouveau coronavirus, rendant l’exercice de leurs fonctions encore plus dangereux qu’en temps normal. Le personnel pénitentiaire n’a pourtant pas été entendu par le ministère de la Justice, ne disposant pas encore des moyens de protection indispensables (masques, gants, gel) pour garantir leur santé, celle de leur famille et des détenus.
Pis, le directeur de l’administration pénitentiaire a interdit aux agents de porter en permanence un masque pendant leur temps de travail, menaçant de sanctions ceux qui viendraient avec leurs masques personnels. Un agent s’est opposé au retrait, le Directeur Interrégionale des Services Pénitentiaires ( DISP) de Bordeaux a pris la décision de le faire relever.

Au 27 mars 2020, le ministère de la justice comptait parmi ses personnels contaminés par le virus : 1625 cas caractérisés, 196 cas confinés et 1 décès sur tout le territoire. Parmi la population pénale, 496 cas caractérisés et 24 cas confinés. Les milieux fermés sont propices à la contagion. Les prisons pourraient subir le même sort que les Ehpad et connaître une hécatombe. De plus, les syndicats font remonter des mutineries et des agressions, certaines évitées de justesse, les prisonniers devenant plus violents avec le confinement. Il ne faudrait pas qu’au drame sanitaire s’ajoute une explosion nationale des prisons, totalement ingérable à l’heure actuelle. Le gouvernement doit prévenir la menace avant qu’il ne soit trop tard !