Communiqué de Gilles Lebreton, Député français au Parlement européen

Dans une vidéo mise en ligne le 20 février 2020, j’ai été attaqué par Madame Irène Tolleret, député macroniste au Parlement européen et membre du groupe politique Renew. Accusé d’ « imposture », accusé de ne fournir aucun travail et de ne jamais vouloir faire avancer les choses, je m’étonne du ton employé et souhaite rappeler ma volonté de pouvoir poursuivre un débat apaisé.

On me reproche de ne pas avoir amendé la résolution du Parlement européen du 28 novembre dernier. Je réponds très simplement : une résolution ne s’amende pas, ce que devrait pourtant savoir Mme Tolleret. Il est cependant possible de soumettre une proposition alternative, ce que j’ai évidemment fait le 25 novembre 2019, en coopération avec mes collègues italiens. J’y ai exposé de vraies réponses à ces sanctions, qui ont toutes étrangement été rejetées. Alors que le groupe politique de mon accusatrice se contentait de « mesurettes » négociées au moins disant, j’ai proposé des solutions fortes et immédiates.

On me reproche ensuite de travailler sans aucune concertation avec les autres groupes politiques du Parlement. Je rappelle à Madame Tolleret que ce sont ces mêmes groupes qui, de l’extrême gauche jusqu’à la droite conservatrice, ont mis en place la règle du « cordon sanitaire », interdisant à quiconque la moindre coopération avec notre groupe Identité et Démocratie. Qu’importe, je m’efforce de travailler avec ceux qui, encore attachés au principe démocratique, acceptent la contradiction et je suis heureux de devoir redoubler d’efforts pour proposer un travail honnête et efficace.

On me reproche enfin de ne rien connaître des problèmes des agriculteurs. Je parcours les routes chaque week-end depuis mon élection, à la rencontre de nos agriculteurs et de nos citoyens. J’y entend des témoignages nombreux, souvent poignants, parfois plein d’espoir, de viticulteurs, d’éleveurs, de céréaliers, mis en grande difficulté par une politique qui ne les défend pas. J’y ai compris que malgré les solutions miracles de Mme Tolleret, la situation demeure catastrophique. Je maintiens mot pour mot ce qui a été écrit dans mon communiqué : l’Union européenne n’est pas à la hauteur des enjeux. Il est dommage que l’européisme aveugle de Mme Tolleret l’empêche de reconnaître ce constat pourtant évident.

Cette polémique de piètre qualité est révélatrice d’une différence fondamentale de méthode. Alors que Mme Tolleret et son groupe accordaient des cadeaux commerciaux aux États-Unis (ouverture de notre marché à leur viande bovine) quelques jours après l’annonce des sanctions, alors que Mme Tolleret et son groupe votaient sans réserves les accords de libre-échange qui ruinent notre agriculture (encore la semaine dernière avec le Viêtnam), alors que Mme Tolleret se contentait d’effets de manche médiatiques, je m’efforçais – plus discrètement peut-être – de proposer des alternatives à ces politiques devenues complètement folles.

Non contents d’être les otages d’une Union européenne incohérente, nos agriculteurs sont aujourd’hui les victimes de guerres politiques indignes de leurs difficultés quotidiennes. Chère Mme Tolleret, je ne m’offenserai pas, je n’abandonnerai pas, je me consacrerai simplement au seul sujet qui me tient à cœur : la défense de notre agriculture et de nos formidables agriculteurs.