Ce mardi 20 janvier, le Parlement européen s’est prononcé en session plénière sur un rapport relatif à la réforme de la loi électorale européenne. Présenté comme un simple exercice technique sans portée juridique immédiate, ce texte constitue en réalité une étape supplémentaire dans une entreprise politique préoccupante : la confiscation progressive du pouvoir électoral des peuples et des Nations par les institutions européennes.
Sous couvert de « modernisation » et d’« harmonisation », le rapport empile des propositions idéologiquement marquées et démocratiquement dangereuses : abaissement du droit de vote à 16 ans, généralisation du vote par correspondance et du vote électronique, élargissement massif et indifférencié du corps électoral, imposition de critères idéologiques aux partis politiques, fixation d’une date unique de scrutin au 9 mai, création de listes transnationales et d’une circonscription paneuropéenne, ainsi que la mise en place d’une Autorité électorale européenne chargée de superviser des élections qui ne relèvent pourtant pas de la compétence de Bruxelles.
Pris ensemble, ces choix dessinent une vision fédéraliste assumée, visant à effacer les nations au profit d’un système électoral centralisé, éloigné des réalités nationales et coupé des peuples. En transformant des décisions politiques fondamentales en normes européennes prétendument techniques, ce rapport affaiblit le pluralisme démocratique, dilue la responsabilité politique et retire aux États leur droit légitime de définir les règles, souvent à valeur constitutionnelle, de leur propre démocratie.
Lors du vote en commission AFCO et aujourd’hui en séance plénière, les députés RN du groupe Patriotes pour l’Europe, se sommes clairement opposés à ce projet. Il a néanmoins été soutenu par une majorité incluant des élus du PPE, confirmant une fracture politique profonde entre ceux qui défendent la souveraineté démocratique des nations et ceux qui acceptent, voire organisent, une mise sous tutelle progressive des peuples européens.
Notre délégation du Rassemblement National au Parlement européen dénonce avec la plus grande
fermeté cette dérive centralisatrice. Le vote est l’acte politique fondamental des citoyens : il ne se standardise pas, ne se délocalise pas et ne se décide pas à Bruxelles. La souveraineté démocratique des nations n’est ni négociable, ni optionnelle. Elle est la condition même de toute démocratie authentique.