Communiqué de Dominique Bilde, Député français au Parlement européen
C'est en grande pompe que la commission culture du Parlement européen recevait lundi 25 janvier Jet Bussemaker, le Ministre de l'Éducation de la Culture et des sciences des Pays-Bas, venue présenter aux députés les priorités de la présidence néerlandaise du Conseil de l'UE pour ces six prochains mois.
Au programme ? Faire de l'enseignement la bouée de sauvetage d'une Union européenne à la dérive. Madame Bussemaker n'a pas hésité à annoncer clairement - devant des députés eurobéats en majorité conquis - que " même si l'enseignement est en effet une compétence nationale, nous sommes confrontés à des défis communs et l'Europe peut encore faire mieux dans le domaine de l'enseignement".
Et sa solution pour grignoter ainsi sans vergogne un peu plus de souveraineté des États-Membres est simple : " le Conseil se penchera sur la convergence socio-économique par le biais de l'enseignement". Traduction : les peuples semblent de plus en plus réfractaires à la dictature molle de l'UE ? Aucun problème, il suffit d'embrigader nos chères têtes blondes dès le plus jeune âge, leur " montrer que l'Europe a de bonnes choses à offrir et qu'il faut s'en saisir" comme l'a encore affirmé Jet Bussemaker.
Les députés d'ailleurs présents lors de cette réunion n'ont pas caché leur satisfaction face à la volonté du Conseil de vouloir utiliser la culture et l'éducation comme outil "d'autopromotion" (un, député du PPE, le groupe des Républicains) et particulièrement comme argument de vente pour l'immigration et le multiculturalisme : c'est apparemment à cela que doit servir Erasmus + notamment!
Pas un mot sur la formation professionnelle, l'enseignement supérieur, l'accès au marché du travail ou bien la précarisation multi-facette à laquelle les jeunes doivent aujourd'hui faire face. La présidence néerlandaise devrait pourtant faire de ses priorités la valorisation de l'enseignement et de la formation professionnels, la coopération avec les PME en faveur de l'apprentissage, le renforcement de l'éducation civique au profit du respect des nations souveraines et du vivre ensemble.
Encore une fois, le credo de l'UE semble être qu'il faut que les têtes changent pour que rien ne change. En tant que député membre de la commission culture, je compte bien interpeller le Conseil et mes collègues pour leur rappeler une nouvelle fois que seuls la prise en compte du réel et le respect de la liberté des peuples souverains permettront de faire de la culture et de l'éducation l'expression de notre civilisation française et une arme pour défendre nos modèles démocratiques.