Communiqué de Presse de Gilles Lebreton, Député français au Parlement européen, conseiller Enseignement supérieur de Marine Le Pen
Un rapport sur "la transformation pédagogique dans l'enseignement supérieur" a été présenté le 15 septembre 2014 au Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER). Son auteur, Claude Bertrand, y tente avec l'accord du ministère de l'Enseignement supérieur d'importer les méthodes du pédagogisme dans les Universités.
On y lit notamment que le cours magistral serait une méthode dépassée, alors même qu'il a largement fait ses preuves et que l'apparition des nouvelles technologies a permis de l'adapter aux exigences de notre époque.
Mais tant pis pour les professeurs, dont les efforts sont rayés d'un trait de plume. Il faut, assure le rapport, remplacer le cours magistral par "une approche de type pédagogie inversée" (page 11), notamment dans le premier cycle. En effet, explique-t-il, "il est important de s'appuyer sur les étudiants, de les impliquer et de les rendre acteurs de ces évolutions" (page 14). "Les enseignants doivent apprendre à travailler au sein d'équipes pédagogiques et dépasser la culture d'autonomie de l'enseignant seul responsable de ce qu'il enseigne" (page 16).
Le SNESUP, principal syndicat des enseignants du supérieur, n'a guère apprécié la leçon, soulignant non sans raison que les Universités n'ont pas attendu 2014 pour organiser leurs enseignants en équipes pédagogiques.
En réalité, l'objectif avoué du rapport est de céder à l'idéologie pédagogiste qui considère que l'élève a des choses à apprendre au maître (ce dont atteste l'expression ubuesque de "pédagogie inversée"). Il est le cheval de Troie de cette idéologie qui voudrait s'emparer de l'enseignement supérieur après avoir méthodiquement déstabilisé les enseignements primaire et secondaire.
Le moment est d'autant mieux choisi que les Universités françaises se débattent dans des difficultés budgétaires sans fin, à cause de la loi Sarkosy-Pécresse du 10 août 2007 dont les principales dispositions ont été maintenues en vigueur par les gouvernements Ayrault et Valls. En procédant à la secondarisation de l'enseignement supérieur, et notamment de ses filières du premier cycle, le triomphe annoncé du pédagogisme apportera ainsi une caution pseudo-intellectuelle aux restrictions budgétaires à venir qui vont aggraver la situation des Universités.