Communiqué de David Rachline, Maire de Fréjus, Vice-Président du Rassemblement National

 

La liberté n’est pas un vain mot : c’est le cœur de notre république et de notre nation. L’article 1er de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 l’affirme clairement : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. »

La volonté du président de la République de créer, à travers le « Pass sanitaire », deux catégories de citoyens, les vaccinés et les autres, va totalement à l’encontre de ces principes fondamentaux.

Pour éviter les amalgames dans lesquels se complaisent nombre de journalistes, de manière d’ailleurs assez inquiétante pour des personnes censées informer la population, je préciserai tout de suite que je ne suis pas contre la vaccination. Ni dans son principe : depuis Pasteur, elle a évité bien des drames humains. Ni dans le contexte actuel : il m’apparaît totalement normal que des personnes à risque ou le souhaitant aient la possibilité de se faire vacciner. Avec la communauté d’agglomération, nous avons d’ailleurs installé à Fréjus deux centres de vaccination qui ont d’ores et déjà accueilli plusieurs dizaines de milliers de personnes. Et je m’en réjouis.

En revanche, nul ne doit être contraint de se faire vacciner. D’autant que l’on constate, en France comme ailleurs que sans dénier l’impact des vaccins pour réduire la circulation du virus, leur efficacité n’est pas celle que l’on nous expose parfois. En outre, des conséquences indésirables existent pour certaines personnes et, plus largement, on ne peut balayer d’un revers de main la question d’éventuels effets à moyen terme de vaccins nouveaux. La confiance dans le vaccin dépend aussi de la fiabilité et de l’objectivité des données fournies à nos concitoyens. Et je regrette en ce domaine que, parfois, la propagande semble remplacer l’information. Ce n’est pas ainsi que l’on convaincra les Français.

Il doit ainsi être du choix et de la responsabilité de chacun de décider de se faire ou non vacciner aujourd’hui. D’autant que d’autres produits, aux formules plus classiques, notamment le vaccin Sanofi, devraient prochainement être mis sur le marché. Et que la question des traitements semble avoir été négligée.

Dans ce contexte sanitaire difficile, l’arme de la contrainte choisie par le président  de la République est sans doute la pire. D’une part, car elle fait naître plus de doutes et de préventions qu’elle ne convainc. D’autre part, car elle met des millions de Français dans le désarroi.

En tant que Maire, j’entends ces parents qui me demandent si leurs enfants seront acceptés à la rentrée sans avoir été vaccinés. J’entends ces salariés qui craignent de perdre demain leur travail. J’entends ces soignants, héros hier, aujourd’hui pour certains jetés à la vindicte et menacés.  Comment peut-on être prêts à refuser l’essence même du libre choix ?

Le résultat est encore pire quand cette contrainte s’accompagne du mépris qui semble congénital à ce gouvernement. Mépris des centaines de milliers de Français qui expriment ne serait-ce qu’un doute. Mépris des salariés inquiets. Mépris des restaurateurs et des acteurs de la culture ou du tourisme, pour lesquels le pass sanitaire est non seulement ingérable, si tant est qu’il soit légal, mais va occasionner une perte importante de chiffre d’affaires alors même que ces professionnels ne sont pas encore remis des effets des confinements et interdictions successifs.

Ce pass sanitaire, qui n’aura aucun impact sur l’épidémie, est en revanche une arme de destruction massive non seulement de notre économie mais surtout de notre pacte républicain. Quand la peur et la menace sont érigées en mode de gouvernement, c’est une maladie bien plus terrible encore que le Covid 19 qui menace notre société.

Sachons raison garder. Informons, expliquons, convainquons. Et aussi, écoutons. Et ne sacrifions pas nos libertés et notre modèle de société sur l’autel d’un manichéisme vaccinal aussi dangereux qu’improductif.

En tout état de cause, nos parlementaires du Rassemblement National s’opposeront à cette mesure. Avec vous, et pour vous.