L’allocation des fonds du plan de relance européen sont attendus au mieux pendant l’été alors qu’il a été acté dans son principe au mois de juillet dernier.

Dans un contexte de révision à la baisse des prévisions de croissance pour 2021, ce plan de relance qui avait été annoncé comme l’alpha et l’oméga de la relance européenne,souffre d’un retard inexcusable dans sa mise en oeuvre pour deux raisons.

Tout d’abord, le rôle exorbitant que s’attribue la Commission dans tout le processus de décision et d’évaluation desréformes structurelles, encadrées par le Semestre européen,symbolise une lourdeur administrative excessive et une ingérence déplacée.

Ensuite, le nouveau mécanisme européen des ressources propres nécessite l’accord unanime des assemblées parlementaires des Etats membres dont certains pays tardent à ratifier le dispositif.

La Cour constitutionnelle allemande de Karslruhe a même suspendu sa ratification, au motif d’une mutualisation de la dette contraire aux traités, bloquant ainsi le processus au niveau national.

La pandémie a révélé les limites de l’UE, incapable pour des raisons intrinsèques à son fonctionnement, de répondre rapidement à une résilience nécessaire des Etats membres.

D’ailleurs, des pays membres se tournent désormais vers le FMI dans le but de bénéficier de fonds plus rapidement avec la nouvelle allocation du Droit de tirage spécial (DTS) qui estun actif de réserve international.

Bruxelles a demandé à la France, en échange d’un accord sur son plan de relance, de poursuivre sa réforme inique des retraites.

Pour la France, qui contribuera à hauteur de 70 milliards d’euros du plan de relance, pour ne recevoir que 40 milliards d’euros, il s’agit donc bien d’un plan de relance perdant-perdant.