Communiqué de presse de Louis Aliot, Vice-président du Front national
Le conseil des ministres européens des transports du 8 octobre 2015 a abouti à l’adoption d’un accord sur le 4e « paquet ferroviaire ». Cet accord concerne le « pilier politique » (l’aspect « technique » faisant l’objet d’un autre « pilier » déjà négocié en juin). Alain Vidalies, secrétaire d’Etat en charge des transports du gouvernement Valls, se félicite de cette conclusion, y voyant « un cadre de concurrence équitable ».
Comme toujours avec l’Union européenne, le vocabulaire technocratique (« pilier », « paquet » et autres sigles incompréhensibles) vise à camoufler la réalité aux citoyens : ce « paquet ferroviaire » est une nouvelle étape dans la libéralisation à marche forcée du rail français. En effet, ces « paquets » regroupent des textes législatifs européens instaurant une concurrence croissante. En 2001 et 2004, les 1er et 2e paquets ont ouvert le marché du fret (transport de marchandises). En 2007, le 3e paquet a instauré une concurrence sur le marché des voyageurs. Avec ce 4e paquet, ce sont les TGV qui seront soumis à la concurrence internationale dès 2020. En outre, les conditions d’attribution des lignes TER et TET (transiliens, trains corail, intercités…) seront modifiées en 2026.
Le Front national considère que l’Union européenne se trompe de priorité en privilégiant, par pure idéologie, la libéralisation et l’européanisation des politiques. La concurrence apparaît dans ces « paquets » comme l’alpha et l’omega pour l’amélioration des transports. Or, la concurrence, parfois utile, n’est pas le levier efficace dans le rail où les investissements massifs nécessitent l’intervention de la puissance publique, état de fait qui avait justifié la création de la SNCF, monopole public. En outre, ce mode de transport est un outil stratégique de l’aménagement du territoire qui se prête peu à une logique libérale.
Cette vision européenne, en décalage avec l’immense majorité des Français attachée au service public des transports, ne traite pas le problème de fond, c’est-à-dire la question de l’obsolescence des infrastructures. C’est d’un plan d’investissement massif dont a besoin notre réseau, notamment en faveur de la ruralité, et non d’une concurrence illusoire qui n’apporte pas de solution concrète. Malheureusement, en abandonnant sa monnaie avec l’euro, en s’interdisant d’emprunter à taux zéro depuis 1973 et en transférant à l’Europe ses prérogatives, l’Etat UMPS renonce à toute politique ferroviaire performante. M. Vidalies est donc contraint d’avaliser des plans inefficaces, voire dangereux, sans traiter les problèmes de fond.