Communiqué de presse de Marine Le Pen, candidate à l'élection présidentielle
Sous couvert de lutte contre la désinformation, un rapport sénatorial LR-PS-UC propose de traiter les citoyens français comme des agents d’influence étrangers. Nous dénonçons une dérive sans précédent,à moins d’un an de l’élection présidentielle.
Le rapport du Sénat sur la régulation de l’information franchit une ligne rouge.
En forgeant la notion d’« ingérence intérieure », il assimile des citoyens français, associations, collectifs, simples participants au débat public à des puissances hostiles menant des opérations d’influence.
Un citoyen qui s’exprime ne « s’ingère » pas dans la vie politique de son pays. Il fait vivre la démocratie. C’est un droit fondamental, pas une menace à neutraliser. Il en est de même des personnalités et parti politiques, qui à la lumière de la Constitution,concourent à l'expression du suffrage, exercent librement leur activité, sans surveillance, ni censure.
Un tribunal de la parole, sans juge et sans mandat.
Pour surveiller cette prétendue « ingérence intérieure », le rapport propose un « observatoire indépendant de la désinformation ». Derrière l’euphémisme se cache un pouvoir de censure confié à des experts financés sur fonds publics, sans légitimité démocratique et sans contrôle parlementaire. Ces experts pourraient désigner des utilisateurs « fautifs », recommander leur invisibilisation sur les plateformes, exiger des modifications d’algorithmes et saisir les autorités, précisément à l’approche des élections.
Dans une démocratie, ce n’est ni à des chercheurs, ni à un comité d’experts de décider quelles opinions méritent d’être vues et lesquelles doivent disparaître. Cette responsabilité appartient aux citoyens et, en cas d’infraction, au juge. À personne d’autre.
Une hiérarchie officielle de la parole.
Le rapport veut en outre contraindre les plateformes à paramétrer leurs algorithmes pour « mettre en avant » des « services d’intérêt général » labellisés par l’ARCOM. Un tri effectué par une agence étatique entre les paroles autorisées à circuler et les autres.
Mis bout à bout, ces dispositifs dessinent une architecture de contrôle inédite du débat public et politique. La liberté d’expression n’est pas un risque dont il faudrait protéger les Français. Elle est la condition même de la démocratie.
À l’approche de la présidentielle de 2027, la priorité est de garantir le pluralisme et la libre confrontation des idées, loin du cauchemar orwellien symbolisé par la création d’instances chargées de trier les discours acceptables.
Nous refusons que la France fasse de ses propres citoyens les suspects d’une hypothétique « ingérence intérieure ». Nous refusons qu’un cercle d’ « experts » organise la visibilité des opinions à la place du peuple.
La démocratie repose sur la confiance dans le peuple, pas sur la surveillance de son expression et de ses opinions.