Communiqué de Sébastien Chenu, député du Nord

Les dirigeants de Bridgestone, leader mondial de la production de pneumatiques automobiles viennent d’annoncer la fermeture de l’usine de Béthune mettant ainsi d’un trait de plume 863 salariés au chômage.

Cette décision qui prend honteusement comme prétexte la crise sanitaire est une véritable catastrophe économique et sociale pour l’ensemble de la région des Hauts-de-France. La fermeture de cette usine est la conséquence de plusieurs années de sous-investissements de la part de ce groupe mondialisé qui a préféré investir dans d’autres usines européennes jugées plus rentables tout en bénéficiant des très larges subventions publiques en France. Au seul titre du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) Bridgestone a touché 1.8 million d’aides publiques pour son usine de Béthune.

Nous ne pouvons que constater l’incapacité du gouvernement à faire renoncer un industriel étranger à déployer un plan social certainement planifié cyniquement depuis plusieurs années. Pourtant, à l’occasion de la crise sanitaire, le gouvernement multiplie les déclarations dans lesquelles il rappelle la nécessité de relocaliser les moyens de production sur notre territoire.

L’Etat et la région ont beau crier aujourd’hui à la « trahison de confiance », ces incantations sont ridicules tant ils se sont montrés incapables de conditionner les nombreuses aides publiques accordées à cet industriel à un véritable dialogue social et à un maintien de l’activité et des emplois sur le site.

L’Etat doit jouer un rôle stratège et ne plus être le spectateur passif et faussement indigné de la désindustrialisation de la France. De vraies décisions protectionnistes doivent être prises pour sauvegarder notre industrie nationale et ses emplois pour qu’enfin la France cesse d’être le dindon de mondialisation.