Il est loin le temps où Nathalie Loiseau clamait son opposition à une éventuelle adhésion de l’Albanie à l’Union européenne. Après un éphémère veto à l’ouverture des négociations avec ce pays et la Macédoine du Nord, la France aura eu tôt fait de jeter son bonnet par-dessus les moulins en se pliant au diktat de Bruxelles. Exit donc, les promesses de campagne des élections européennes de 2019.

Symptomatique de ce double discours, la rencontre entre Emmanuel Macron et le Premier ministre kosovar s’est clôturée le 23 juin par des paroles suaves quant à la « vocation européenne » de l’ancienne province serbe, aujourd’hui majoritairement albanaise et musulmane.

Cette déclaration intervenait à quelques jours d’un sommet, ce lundi, qui vit le Président du Parlement européen plaider pour « des mesures décisives pour accélérer le processus d’élargissement. »

Et le président de l’Assemblée nationale slovène de renchérir : son pays, qui assurera prochainement la présidence du Conseil de l’Union européenne, aura à cœur de rattraper le temps perdu par la pandémie de COVID-19.

Les Français seront-ils consultés sur cette décision, lourde de conséquences pour leur avenir collectif ? Oh mais non ! Il est vrai qu’entre des salaires qui flirtent avec les minima européens, des sociétés minées par l’islam radical et le transit de migrants extra-européens, les Balkans, en particulier le Kosovo, l’Albanie et la Bosnie-Herzégovine (tous majoritairement musulmans, mise à part la République serbe de Bosnie), font figure d’épouvantail.

Cet élargissement s’ajoutera donc à la longue liste des forfaitures qui auront jalonné la construction européenne. Reste une lueur d’espoir : en 2020, Emmanuel Macron aurait confié au Premier ministre albanais Edi Rama que l’adhésion de son pays à l’Union européenne risquait bien d’échouer, vue l’opposition de Marine Le Pen. Une reconnaissance à mots couverts du travail de cette dernière pour faire prévaloir les intérêts des Français.