Communiqué de Louis Aliot, député des Pyrénées-Orientales

Nous importons des produits traités au glyphosate ! Alors que le gouvernement assure que la France sera le « premier pays du monde » à bannir l’herbicide, par la voix du ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, il est désormais avéré que l’Europe sera toutefois inondée d’exportations canadiennes ayant été traitées au glyphosate. Un problème sanitaire et un problème de concurrence pour nos agriculteurs, qui, une fois de plus, devront jouer avec des règles qui les mettent en position de faiblesse dans le libre-échange mondialisé que promeut l’Union européenne et le moins-disant écologique de nos « partenaires » commerciaux.

Un reportage de la RAI sur les pâtes contaminées au glyphosate a notamment révélé qu’environ 1,15 million de tonnes de blé importé en Italie proviennent du Canada, où le Roundup est souvent utilisé avant et après les semis et avant les récoltes. Selon le rapport, des résidus de glyphosate ont été trouvés dans six des marques de pâtes les plus populaires, à des concentrations inférieures à la limite maximale de résidus (LMR) par grain (10mg/kg) prévue par la législation en vigueur. Toutefois, les données doivent être interprétées dans un contexte beaucoup plus large, en tenant compte de la présence de glyphosate dans d’autres aliments, ainsi que de la dose aiguë de référence (DARf) en Europe de 0,5 mg/kg de poids corporel. L’utilisation du glyphosate avant la récolte est interdite en Italie. En outre, l’EFSA a invité les États membres à élaborer et à mettre en œuvre des mesures analytiques de surveillance du glyphosate et de ses métabolites, tandis que l’AECG est entrée en vigueur à titre provisoire le 21 septembre 2017.

Bien sûr, alertée par des eurodeputés italiens, la Commission n’a rien trouvé de mieux à dire que d’avouer ne rien savoir. Comme tant d’autres produits, les pâtes importées d’autres continents proviennent de pays où les législations en matière écologique, fiscale ou sociale sont très largement en deçà de nos normes, ce qui soumet nos agriculteurs à une concurrence déloyale majeure. Non contents de devoir lutter contre les Espagnols ou les Polonais plus concurrentiels en Europe, nos agriculteurs français doivent désormais composer avec le blé canadien ou l’agneau néo-zélandais. C’est intenable. Cette Europe ne protège pas et n’est pas souveraine contrairement à ce que dit monsieur Macron. Elle nous expose aux quatre vents des prédations économiques et écologiques mondiales. Produisons et consommons en circuits courts !