Communiqué de presse du Rassemblement National

Ce soir, M. Macron a déroulé un plan de mesures mais qui supporte difficilement un examen averti.

Après un exercice d’autojustification, de petits arrangements avec la réalité, on a vu un président faussement sûr de lui, se livrer à un mea culpa que ses graves erreurs de direction avaient rendu inévitable.

Cette reconnaissance des fautes souvent édulcorées doit toutefois s’entendre comme un engagement de sincérité dans la gestion ultérieure de la crise.

De notables avancées ont été enregistrées : le masque que la communication officielle nous présentait comme inutile, complexe d’utilisation et donc « potentiellement dangereux » devrait être à terme généralisé. La coopération public-privé qui a été contrariée durant tant de semaines semble aujourd’hui libérée, tout comme la collaboration avec les laboratoires ou les pharmaciens qui se plaignaient d’être tenus à l’écart du plan de lutte contre le virus. De la même manière, il conviendra de vérifier que les médecins puissent prescrire les traitements curatifs qu’ils jugent en conscience nécessaires à leurs patients.

Des incohérences manifestes subsistent : il appartiendra par exemple au ministre de l’Education Nationale d’expliquer la logique de supprimer l’examen du bac et dans le même temps de rouvrir les lycées. De la même manière, le RN reste très réservé sur la réouverture des écoles un mois et demi avant les vacances alors que la fermeture administrative des restaurants et cinémas est maintenue.

Sur le plan du déconfinement, de nombreuses interrogations et lacunes demeurent :
M. Macron nous annonce un déconfinement pour le 11 mai sans toutefois justifier de cette date ni lever un certain nombre d’interrogations logistiques s’agissant de la disponibilité réelle des masques et des tests.

Le RN demande que la Direction Générale de la Santé communique chaque soir, non sur les commandes, mais sur les stocks effectivement disponibles des masques et des tests. Il demande que les pharmaciens soient immédiatement en droit de commercialiser pour le grand public les masques qu’ils se seraient eux-mêmes procurés auprès de leurs propres fournisseurs.

En attendant la date du 11 mai, le confinement ne sera pas mis à profit pour tester les personnes au travail qui, depuis quatre semaines, sont les plus susceptibles d’avoir été contaminées, y compris en étant elles-mêmes asymptomatiques. Le RN demande que le dépistage des salariés actuellement hors confinement soit entrepris sans attendre.

Le plan de test ne prévoit que les personnes présentant des symptômes. C’est là méconnaître la maladie qui se présente parfois sous une forme asymptomatique tout aussi contagieuse.

Le RN demande également que le plan de test ne s’applique pas seulement à des personnes symptomatiques, les personnes asymptomatiques étant elles-mêmes tout aussi contagieuses.

Le traçage sera certes organisé sur la base du volontariat et de l’anonymat. Mais il n’aura d’utilité que si les données permettent d’isoler et de traiter les personnes contaminées, ce qui suppose des tests massifs.

Le RN demande que le testage systématique soit appliqué aux personnes bénéficiaires du traçage qui auront été en contact avec des porteurs du virus. Il demande qu’une logistique de quarantaine soit mise en place, notamment par les placements des personnes dans les hôtels disponibles.

La fermeture des frontières à la libre circulation des personnes ne s’appliquera qu’à l’espace Schengen.

Le RN demande que les frontières nationales soient fermées avec des pays qui se sont exemptés de toute précaution sanitaire comme la Suède ou la Hollande ou des pays très touchés comme l’Espagne ou l’Italie.

La France fera cadeau de sa dette à l’Afrique.

Le RN demande que la générosité nationale s’applique en priorité à nos entreprises qui sont en grande difficulté financière et notamment celles pour lesquelles le confinement se poursuivra comme le tourisme, les bars ou les restaurants.

Enfin, parce que le virus ne sera vaincu que par une stratégie réellement offensive, le RN demande que soient intégrées au plan de déconfinement : la désinfection des espaces publics et notamment les bâtiments et les transports publics, la mise à disposition dans les espaces publics de gel hydro alcoolique, la prise de température à la prise de service dans les entreprises, la mise en œuvre de caméras thermiques dans les aéroports.

Le plan présenté par M. Macron est loin d’être réellement rassurant et en l’état ne manque pas de soulever de nombreuses inquiétudes avec le risque potentiel d’un rebond de l’épidémie.
Parce que la crise ne s’accompagne pas d’un confinement de la démocratie, le Rassemblement National entend conserver son libre arbitre, son aptitude à nuancer ou même à contredire, le droit de s’opposer à des décisions manifestement malheureuses.
Un ennemi invisible et insensible au débat sur la manière de le combattre ne tire aucun avantage d’un confinement démocratique, au contraire.