« L’accord Élysée – Oudinot » complémentaire à l'accord de Bougival du 12 juillet 2025 a été signé le 19 janvier à l’Élysée.
Nous aurions aimé que ce texte marque une avancée notable pour la Calédonie dans la France et pour tous les Français du territoire. Hélas, ce document adopté par une partie des forces politiques calédoniennes place résolument le territoire sur la rampe de lancement de l’indépendance.
Il est paradoxal qu’au moment où Emmanuel Macron cherche à sauver le Groenland qui ne nous appartient pas, il brade sans hésitation la Nouvelle-Calédonie, française depuis 1853, en poussant à un accord qui organise et peaufine l’abandon de tous les pouvoirs régaliens de la République française au futur État calédonien prévu par Bougival.
Loin d’être une avancée politique, comme Emmanuel Macron cherche à le vendre, cet accord complémentaire marque en réalité un recul pour les intérêts de la Calédonie et de ses habitants :
La signature de la droite dite « loyaliste » en faveur d’un texte qui organise la dépossession de la France sur le territoire constitue une trahison. Trahison de la France et de tous les authentiques loyalistes. Cette signature marque seulement la volonté féroce des dirigeants loyalistes d’obtenir, quoi qu’il en coûte et fut-ce au prix de l’indépendance, le dégel du corps électoral nécessaire à leur pérennisation dans les sinécures des provinces et des assemblées.
L’absence de signature du FLNKS qui représente une large partie du mouvement indépendantiste transforme la nature de l’accord complémentaire en un « faux consensus » sans effet sur le terrain. Rien n’est plus dangereux.
Sur la situation économique et sociale dramatique, pas une ligne n’apparaît sur l’avenir de la filière nickel qui représentait, avant 2024, plus de 90 % des revenus du territoire. Si la prise en charge de la dette de la Nouvelle-Calédonie par la transformation en subventions d’1,4 milliard d’euros de prêts constitue un point positif, elle marque aussi le cynisme d’un pouvoir qui n’hésite plus à pratiquer la politique brutale du chèque contre l’accord politique.
Quant aux élections provinciales qui devaient avoir lieu avant le 28 juin 2026, elles se tiendront maintenant « avant le 31 décembre 2026 », soit une prolongation de plus de deux ans du mandat des assemblées et des exécutifs calédoniens. Là encore, le mépris du pouvoir pour la démocratie est palpable.
Au moment où ils engageront par leur vote l’avenir d’une terre française et de tous ses habitants, les députés et sénateurs seront bien inspirés de se rappeler que ce que Donald Trump obtient par la force, les Chinois cherchent, eux, à l’obtenir outremer par l’économie. Sans la France, la Nouvelle-Calédonie, indépendante de facto ou de jure, sera une cible de choix dans un siècle où les prédateurs ne manquent pas.