Tribune de Steeve Briois, premier vice-président du Rassemblement National, maire d’Hénin-Beaumont

La vie politique est affaire de cycles.

Qui aujourd’hui se souvient de 2007 ? Pour les militants historiques de notre famille politique, ce fut l’annus horribilis, l’année terrible aux allures de traumatisme et de cicatrice. La stratégie de Nicolas Sarkozy, toute artificielle mais diablement efficace, d’incarner un projet ferme sur l’insécurité et l’immigration, à portée de bulletins et applicable tout de suite, avait porté ces fruits.

Les législatives qui ont suivi ont été pour le Front National un choc. Aucun de nos candidats ne parvenait au second tour. Aucun, sauf un. Ou une. Déjà candidate en 2002 dans le Pas-de-Calais, après le second tour d’une élection historique qui permit au grand public de la découvrir, Marine faisait le choix en juin 2007 de maintenir son implantation dans ce bassin minier qui lui parlait tant. Face à un cacique du Parti Socialiste en place alors depuis plus de 20 ans, elle fit une vraie campagne de militante, sans jamais manifester le moindre réflexe de classe propre aux politiques du système.

Ce soir du 17 juin 2007, elle nous permettait au niveau national de sauver la face.

Certains pensaient alors que nous étions au crépuscule du mouvement national, que le travail initié depuis 1972 avait été inutile et réduit au néant.. Ici, nous comprenions que c’était le début d’autre chose. Que l’espoir était là, et que personne mieux qu’elle ne pouvait le porter.

Elle seule pouvait entreprendre cette dédiabolisation qui devait non pas aseptiser notre discours, mais bien nous présenter aux Français tels que nous sommes réellement. Avant la France, c’est le parti qui était à conquérir avec en vue le congrès de 2011. Entre temps nous nous relevions progressivement, malgré des embûches, parfois même internes. De la caravane des plages des européennes de 2009, jusqu’aux régionales de 2010 qui marquaient la fin d’une traversée du désert douloureuse.

La campagne interne préparatoire au Congrès de Tours a été bien plus rude que rapportée par les observateurs. Marine n’a jamais été une héritière, mais bien une conquérante. Rien ne lui a été donné ou facilité, elle a tout obtenu par son mérite et sa force. Le 16 janvier 2011, Il n’y avait pas de soulagement d’en finir avec une époque, mais bien un enthousiasme communicatif, celui qui allait nous permettre de bâtir l’avenir.

Quelle fierté que d’être nommé dans la foulée Secrétaire Général du Front National, avec comme mission d’appliquer à la France entière la méthode héninoise qui avait fait ses preuves, jamais démentie depuis. La suite est beaucoup plus connue. Marine nous a portés de succès en succès, comprenant mieux que quiconque que le préalable à notre crédibilité nationale était notre capacité de gestion locale. Je me souviens de son émotion, le 23 mars 2014, lorsqu’elle apprit en direct notre victoire au premier tour de l’élection municipale d’Hénin-Beaumont. Il y avait là un sentiment d’accomplissement et de satisfaction parfois rare dans une vie politique souvent ingrate.

Là où il aurait été facile de choisir la facilité, de continuer à jouer aux éternels “aiguillons de la vie politique française”, selon une expression un temps en vogue dans nos milieux, quand certains auraient voulu qu’elle nous enferme dans le confort de la contestation facile et sans risque, de la révolution en charentaise, Marine a toujours compris que le vrai courage politique est dans l’exercice du pouvoir, pas dans son commentaire permanent.

Loin de la “synthèse nationale”, du grand compromis nationaliste ou de l’union des groupuscules, le succès de Marine est déjà d’avoir mis en oeuvre ce véritable “rassemblement national” voué à s’étoffer toujours plus en vue des échéances à venir. Ce qui était un voeu pieux est devenu l’essence même de notre formation.

Je le dis sans flagornerie. Marine est un modèle. De force, de caractère, de dignité, de loyauté, de stabilité, de solidité.

Les critiques, les reproches et les conseils faciles de ceux qui n’ont jamais rien réussi mais doivent toujours tout abattre, n’ont jamais entamé sa solidité, sa dignité et sa foi dans notre mission. Beaucoup ont voulu profiter de soirs un peu moins glorieux que d’autres pour l’accabler, lui reprocher tous les maux quand eux-mêmes n’ont jamais pris le moindre risque.

En attendant, ne voyons qu’une chose : personne n’a fait mieux, personne ne fait mieux, personne ne ferait mieux. Loin de la tentation messianique consistant pour certains à chercher des sauveurs qui n’existent pas, j’invite à ce que nous soyons toujours plus nombreux et toujours plus forts aux côtés de Marine.

J’ai aujourd’hui la conviction que ce dixième anniversaire n’est pas un aboutissement, mais bien un point d’étape sur la route de nos victoires prochaines.

Comme le disait Bernanos, “l’espérance c’est de faire face”, alors n’ayons pas peur du futur : le meilleur est à venir, et c’est Marine qui nous y amènera !