Tribune libre de Dominique Bilde, Député européen du Groupe Identité & Démocratie

 

Un monde plus vert passe par une politique bleu blanc rouge !

 

 

 

Ce lundi 23 août 2021, les anciens mineurs des Houillères du bassin de Lorraine ont reçu au total un peu plus de sept millions d’euros, soit 10 000 pour chacun des 727 d’entre eux concernés par la peur de développer un jour un cancer dû à leur activité passée.

 

Une somme méritée, fruit d’un « long combat judiciaire » pour ceux qui furent pendant de nombreuses années exposés à des substances nocives. Le combat des « gueules noires » de Lorraine, où la dernière mine a fermé en 2004, soulève d’autres interrogations dans une France frappée par la désertification économique et la désindustrialisation massive pour lesquelles la responsabilité de nos pseudo-élites tente d’être diluée dans le grand bain de la « transition écologique ».

 

Un concept fourre-tout qui tombe à point nommé, leur évitant ainsi d’assumer leur propre bilan !

 

L’Union européenne brouille les pistes

 

Loin du mythe écologiste dont l’instrumentalisation à d’autres fins n’est plus à démontrer – à l’image de Sandrine Rousseau qui confond la défense de l’environnement avec celle de l’islam politique –  la « transition écologique » est injustement présentée par ses adeptes plus ou moins zélés comme « propre » et « verte » alors qu’elle n’a pourtant rien de propre ni de vert, à l’image du béton pour les éoliennes, de l’extraction des métaux rares ou du recyclage des panneaux solaires dont elle a cruellement besoin.

 

Le monde d’après ne se passera pas des « gueules noires » : la différence est que ceux-ci ne sont plus français. Détournant le regard sur la réalité de ce que cachent les discours lissés de la Commission européenne, les mines de Chine et d’ailleurs continuent de tourner à plein régime au rythme que lui impose une demande mondiale en croissance continue.

 

C’est là tout le paradoxe : alors que l’Union européenne prétend s’ériger en puissance normative, s’adonnant de manière onéreuse à l’élaboration de rapports creux, ses porte-voix perdent pourtant la main sur les secteurs stratégiques qui nécessiteraient pourtant des améliorations notables en la matière. De très nombreux accidents surviennent, et les mineurs en paient le prix fort, sans qu’elle ne puisse pour autant forcer la main à des États sans scrupules en la matière.

 

On veut l’amélioration des conditions de travail sans comprendre que le travail disparaît ou se délocalise. Il faut le dire : la Chine n’a que faire des recommandations européennes !

 

 

Deux périls qui hypothèquent l’avenir la France

 

Nous sommes face à une double erreur provoquant la double peine pour les peuples d’Europe qui en subissent directement les conséquences.

 

La première erreur fut celle de l’abandon de notre secteur industriel, pensant naïvement que les Chinois se contentaient de faire nos chaussettes. Le développement vertigineux de l’Empire du Milieu dans les domaines de pointe démontre que les prévisions de nos pseudo-élites étaient fausses en plus d’être méprisantes pour cette grande civilisation millénaire.

 

C’est encore plus vrai que nous apprenons à nos dépens que les métiers du tertiaire se délocalisent également, comme je le dénonçais déjà dans une tribune il y a un an (La France se vide de ses services, septembre 2020). Une véritable menace puisque ce type d’emploi représente aujourd’hui près de 70% des actifs dans notre pays. Le cas chinois peut se résumer comme suit : une industrie forte permet de développer ces fameux secteurs de pointe. De ses atouts, la France a perdu le premier et voit disparaître le second avec impuissance.

La seconde erreur –  celle qui se joue actuellement sous nos yeux –  est de croire (et de laisser croire) à la dématérialisation des économies. Finis donc, les temps révolus où nos économies avaient besoin de tonnes de charbon, d’acier et de ciment pour engranger des points de croissance ? L’heure serait au tout-numérique, où le télétravail acterait la fin d’un long processus vers une économie de connaissance pure : rien n’est plus faux, puisque les besoins en métaux rares sont criants, et qu’une véritable géopolitique des matières premières redessine la configuration mondiale. Les récentes pénuries de semi-conducteurs pour les besoins en électroniques font redouter le pire pour nos économies. À ce propos, Le Monde relayait récemment ces chiffres effrayant de 10 % à 12 % de la production qui pourrait être perdue à cause du manque de ces indispensables matériaux avec des effets directs pour nos emplois : par exemple, l’usine Toyota d’Onnaing (Nord) qui fabrique la Yaris, a retardé sa reprise de production du 23 août au 6 septembre, mettant près de 4 500 salariés sur les 5 000 qu’emploie le site au chômage partiel.

Une trahison contre l’indépendance de la France !

C’est dans ce contexte que la question de la souveraineté de la France se pose avec urgence, mais vigueur :  si la perte de l’un des maillons stratégiques a soulevé l’indignation générale avec la vente d’Alstom Énergie aux Américains, cet événement est pourtant symptomatique des erreurs stratégiques de notre nation : nous légiférons sans pour autant avoir la main pour fixer des standards à la hauteur des attentes des travailleurs, et pour cause : nous ne disposons que de maigres leviers pour agir souverainement !

 

Contre cette fatalité, nous avons besoin d’un État stratège pour mener une véritable politique industrielle ambitieuse et volontariste : c’est le projet de Marine Le Pen.

 

Dans ce contexte, il ne s’agit pas de remettre les mineurs dans les mines et les ouvriers dans les usines comme avant : l’amélioration des conditions de travail et les avancées sociales dans notre pays doivent permettre de faire en sorte que la France puisse redevenir une puissance industrielle dans le respect de nos standards modernes plutôt que de remettre notre destin dans les mains des pires pollueurs et exploiteurs du monde !

 

 Un monde plus vert passe par une politique bleu blanc rouge !