Tribune de Gilles Lebreton, député français au Parlement européen

Un rapport sur « l’empreinte carbone du Parlement européen » vient d’être publié à l’initiative de la commission de l’environnement de cette institution. On y trouve les mêmes lubies que chez nos Verts français. Et pour cause : cette commission, présidée par l’ex-Vert macroniste Pascal Canfin, est entièrement noyautée par les talibans de l’idéologie « écolo » la plus dure.

L’objectif ambitieux est d’amener le Parlement européen à une neutralité carbone. Et pour y arriver, le rapport ne lésine pas sur les moyens. Quelques mesures de bon sens sont certes proposées, comme l’introduction systématique d’une clause écologique dans les marchés publics du Parlement. Mais elles sont noyées dans un délire environnementaliste.

La mesure phare consiste à promouvoir « le télétravail à grande échelle », sans aucun respect pour l’efficacité du travail parlementaire qui nécessite une présence physique pour rencontrer les autres députés, négocier les textes, s’exprimer à la tribune, interpeller la Commission et le Conseil, interroger les experts etc. À ce compte-là, il serait plus honnête de supprimer le Parlement européen. Avec un cynisme consommé, le rapport se félicite de l’expérience de télétravail imposée par la pandémie de coronavirus, alors que de l’avis général elle a provoqué une régression inédite de la démocratie parlementaire.

Une deuxième mesure consiste à limiter les déplacements en voiture et en avion, en privilégiant le train et le vélo. Ce programme est révélateur de l’appartenance sociale des auteurs du rapport : il s’agit de bobos vivant dans des grandes métropoles, notamment à Bruxelles où le vélo est envisageable pour se rendre au Parlement, et à Paris, dotée d’un Thalys permettant de relier la capitale belge en une heure et quart. Tant pis pour les provinciaux et pour les députés issus des pays européens les plus lointains, qui sont priés de se priver de leur moyen de locomotion habituel !

Pour punir les récalcitrants (comme moi) qui voudraient continuer à venir à Bruxelles en voiture, le rapport préconise « l’abandon de la gratuité des parkings dans les bâtiments du Parlement ». Il atteint même les confins de l’absurde en estimant que « les places de parking devraient être partiellement transformées en vestiaires avec casiers et douches ». Des douches au sous-sol ?!

Toujours dans sa logique punitive, il n’hésite pas à proposer « d’introduire une taxe interne sur le carbone ». Il s’agirait, « à titre de mesure ultime » explique-t-il, de taxer non seulement la consommation d’énergie mais aussi « les trajets domicile-travail », ou encore « la consommation de viande de ruminants (bœuf et agneau) dans les restaurants du Parlement européen ».

Enfin, une dernière mesure consiste à « remplacer les groupes de visiteurs du Parlement européen par des visites virtuelles ». Cette proposition, qui revient à interdire aux citoyens des États membres de venir visiter le Parlement à l’initiative de leurs députés, est un formidable aveu de ce qu’est l’UE : un monstre technocratique qui veut se couper toujours davantage des peuples ! C’est aussi une misérable vengeance contre le RN dont les eurodéputés sont ceux qui accueillent le plus d’invités.

Cerise sur le gâteau, le siège de Strasbourg serait bien entendu sacrifié sur l’autel des économies d’énergie. Voilà comment le macroniste Pascal Canfin défend la France !

Ce rapport délirant n’est heureusement pour l’instant qu’un rapport. Mais il est révélateur des dangers qui nous guettent. Vous pouvez compter sur les eurodéputés du RN, et sur leurs alliés du groupe Identité et Démocratie, pour résister aux rêves liberticides du Parlement européen !