Tribune de Mme Annika Bruna

Député français au Parlement européen, membre de la commission FEMM

 

Cette semaine à Strasbourg, le Parlement européen débattait des priorités de l’UE pour la 66e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies. Le thème majeur abordé était celui de l’égalité des sexes dans les politiques liées au changement climatique et aux risques environnementaux.

S’il est avéré que le réchauffement climatique et les catastrophes naturelles ont plus d’impact pour les femmes, en tout cas dans les pays en développement, cet état de fait est instrumentalisé par le Parlement européen.

Ainsi, avec le soutien de la droite, le Parlement européen a voté une résolution exprimant ses priorités en la matière. Sortant à la fois du sujet débattu et des compétences de l’Union européenne, ce texte entend imposer aux Etats sa vision en matière de droits sexuels et génésiques, dévoyer des fonds dédiés à l’environnement au profit de la doxa féministe, mais aussi exiger une parité des sexes purement idéologique dans les organes de décisions liés au changement climatique. Par ailleurs, le texte prévoit de financer massivement les ONG féministes, y compris lorsqu’elles prônent des mesures contraires à la politique des Etats, et imposer la prise en compte systématique dans tous les organes décisionnaires de l’UE et de ses Etats membres des discriminations intersectionnelles qui toucheraient notamment les minorités sexuelles et ethniques.

Face aux problématiques posées en Europe et à l’international par le changement climatique et par les catastrophes naturelles, les politiques visant à contrer ces phénomènes ou à en limiter les conséquences doivent être décidées ou appliquées avec l’aide des meilleurs experts. Le sexe de ces derniers, ou d’autres exigences communautaires, ne doivent pas être un critère de sélection ou de discrimination. Nous défendons l’égalité des chances mais refusons des politiques de quotas qui, partout où elles sont appliquées, nuisent à la méritocratie, à l’efficacité, mais aussi à la légitimité des minorités qu’elles prétendent aider. De même la défense de l’environnement ne doit pas être utilisée pour imposer des exigences sociétales minoritaires aux Etats.

Enfin, si depuis le début de la mandature le Parlement européen a pris le temps de débattre régulièrement du statut de la femme dans la perspective du changement climatique, on ne peut que regretter qu’il ne consacre aucun débat au statut de la femme face au changement de peuple, à l’immigration massive, ou à la montée de l’islam radical en Europe et dans le monde.

La vie est une question de priorités. En matière de vie des femmes on ne connaît que trop bien celles des institutions européennes !