Question écrite de Bruno Bilde, député du Pas-de-Calais, à Edouard Philippe, sur les rémunérations des autorités administratives indépendantes et les injustices salariales

M. Bruno Bilde alerte M. le Premier ministre sur les rémunérations des membres des autorités administratives indépendantes. En effet, la publication et la médiatisation des 14.666 euros mensuels de Chantal Jouanno, chargée de piloter le grand débat national, ont ému et choqué à juste titre l’opinion publique.

Le gouvernement a commis une faute supplémentaire en confiant l’organisation de cette consultation dédiée, notamment, aux problèmes de pouvoir d’achat et de reste à vivre, à une personnalité aussi grassement payée par les impôts des Français. Comment la présidente de la Commission du débat public pouvait-elle, avec ce salaire indécent, poser les bases d’un débat sur le Smic, les petites retraites ou les allocations chômage ? Dans ce contexte, son retrait était une obligation morale. Cependant, le problème de fond demeure.

La crise sociale sans précédent qui bouleverse notre pays depuis deux mois est aussi née des injustices et des inégalités salariales. Depuis le 17 novembre dernier, les Gilets Jaunes expriment avec dignité et détermination leurs souffrances face à la vie chère et la paupérisation. Ils ne supportent plus d’être les vaches à lait d’un État qui les taxe et les impose jusqu’à plus soif sous les prétextes fallacieux que les caisses sont vides, qu’il faut financer la transition écologique ou encore réduire les déficits publics. Les Français ne savent plus pour qui et pour quoi ils payent des impôts quand ils voient près de chez eux les services publics disparaître (les bureaux de poste, les hôpitaux, les gendarmeries, les écoles) et quand, en même temps, ils apprennent les montants faramineux qui sont alloués à des hauts fonctionnaires et à d’anciens politiques recasés dans des comités Théodule dont personne ne connaît l’utilité.
Il est grand temps de remettre à plat l’ensemble de ces grilles de salaire déconnectées du réel et de redonner du sens à la rétribution du travail. Il ne s’agit pas de sous-payer la haute fonction publique, mais de réformer en profondeur la récompense des mérites de chacun dans la société. Nous ne pouvons plus accepter qu’en France, en 2019, une nomenklatura s’enrichisse de manière outrancière alors qu’un agriculteur sur trois survit avec moins de 350 euros par mois, que la moitié des salariés français touche moins de 1700 euros mensuels, qu’un militaire qui peut être tué dans le cadre de son métier perçoive à peine 1300 euros de solde, qu’une caissière soit payée au smic alors que la grande distribution fait des bénéfices considérables.

Afin de répondre aux demandes de justice sociale de nos compatriotes, le gouvernement va-t-il profiter de cette dernière polémique pour serrer la ceinture de ces autorités administratives “indépendantes” et redistribuer les économies réalisées aux Français en difficulté ?