Tribune libre d’Edwige Diaz, Membre du Bureau national du RN

Cela fait longtemps que les aides à domicile alertent sur leur manque de considération : bas salaires, temps partiels précaires, larges amplitudes horaires, faible remboursement des indemnités de déplacement, tâches difficiles…

Et pourtant, alors qu’elles ont été confrontées aux risques élevés de contamination du covid-19, qu’elles n’ont pas eu accès au dépistage, qu’elles ont dû faire face à des difficultés d’approvisionnement en équipements de protection, notamment des masques, les aides à domicile ont, sans sourciller, continué d’assurer leur honorable mission et ainsi permis d’éviter l’engorgement les hôpitaux. Elles ont donc contribué à sauver des vies. À ce titre, ces professionnelles du secteur de l’aide à l’autonomie et du champ social mériteraient la reconnaissance de la Nation.

D’abord, oubliées par le Gouvernement qui a annoncé l’élargissement de la prime Covid aux personnels des Ehpad, ce n’est que le 11 mai que le Ministère de la Santé a promis que cette prime (dont le montant a été réduit) serait également versée dans les services d’aide, de soin et d’accompagnement à domicile. S’il est acté que la prime accordée aux personnels médico-sociaux en établissement sera prise en compte dans le prochain projet de loi de finances rectificatif de juin (il s’agira donc d’une prime d’Etat), les élus du Rassemblement National dénoncent le hiatus entre l’annonce du Gouvernement et l’identité du financeur, en ce qui concerne le versement de la prime aux aides à domicile.

En clair : le Gouvernement a, une fois de plus, fait preuve de désengagement, car il a promis de l’argent avec le chéquier des autres ! En l’occurrence, celui des Départements.

Si la forme relève de l’incorrection, le fond va relever, si l’option du financement par les Départements est retenue, des grandes inégalités de traitement dont les aides à domicile seront inévitablement les victimes :

  • Les Départements accepteront-ils tous d’exécuter les exigences, non issues de concertation, du Gouvernement ?
  • Feront-ils de ce sujet leur priorité, alors que l’on sait que la plupart d’entre eux sont exsangues en raison de croissantes dépenses sociales (RSA, Aide Sociale à  l’Enfance en lien avec l’accueil des Mineurs Non Accompagnés…) ?
  • Le montant des primes sera-t-il harmonisé au nom de l’égalité ?
  • Y aura-t-il une sélection des bénéficiaires et sur quels critères ?

Après l’oubli, les faux espoirs et les désillusions, toutes ces questions ne vont qu’entériner le manque d’attractivité de ce métier et renforcer l’inquiétude de ces professionnelles du domicile dont le dévouement force le respect.

Celles qui font quotidiennement preuve d’abnégation craignent que, plus le temps passe, plus cette prime s’éloigne. D’autant plus que l’Assemblée des Départements de France a exhumé une revendication légitime (et qui aurait dû être satisfaite depuis longtemps !) relative à la revalorisation salariale des métiers de l’aide à domicile.

Si l’on peut se réjouir de la réactualisation de cette revalorisation structurelle, il ne faut pas pour autant que cela serve de chantage pour enterrer la prime conjoncturelle.

Car, depuis l’annonce de cette prime qui se caractérise par son absence de calendrier et de financement, les aides à domicile sont les otages des pouvoirs publics qui ne cessent de se défausser l’un sur l’autre : l’État vers les Départements pour la prime Covid et les Départements vers l’État pour les salaires.

Au nom de la justice sociale, de l’accès au « bien vieillir » et de la considération que toute la Nation doit témoigner à ces héros silencieux du quotidien, les élus du Rassemblement National adressent leur indéfectible soutien à ces courageuses aides à domicile. Par ailleurs, ils enjoignent le Gouvernement à honorer sa promesse afin de garantir l’universalité de la prime, de ne pas précariser davantage un secteur déjà très fragile et de se montrer à la hauteur de ces travailleuses dont l’engagement a été sans faille.