Tribune de Dominique Bilde, Député européen du Groupe Identité & Démocratie

 

Alors que le sommet européen de Porto s’est tenu les 7 et 8 mai derniers, l’emploi, la formation et la pauvreté y ont été abordés afin d’accroître encore davantage le pouvoir des autorités européennes à l’heure où la crise sanitaire n’en finit plus de faire des ravages.

À l’image des discours creux qui y ont été tenus, il faut dire que l’enthousiasme d’Emmanuel Macron y a été quelque peu refroidi par le scepticisme de plusieurs de ses partenaires européens.

En marge de cette rencontre importante qui se voulait être le point d’orgue de la Présidence portugaise, onze pays dont l’Autriche, la Bulgarie, le Danemark, la Finlande, l’Irlande, Malte, les Pays-Bas, la Suède et les pays baltes ont diffusé une déclaration commune informelle insistant sur la nécessité de respecter « l’autonomie nationale en matière de politiques sociales ». Voici que le ras-le bol s’installe à l’égard de la Commission européenne qui n’a de cesse de se mêler de leurs affaires !

Passée quasiment inaperçue dans le paysage médiatique en France, c’est un article du journal Politico publié le 22 avril dernier qui relayait cette information capitale puisqu’en réalité, à l’instar de ce que les élus du Rassemblement national martèlent au Parlement européen depuis longtemps déjà, les autorités européennes n’en finissent plus d’étendre leur mainmise dans de nombreux domaines en dehors de tout consentement démocratique en foulant aux pieds les principes de subsidiarité et de proportionnalité

On commence à comprendre que la crise sanitaire actuelle est un alibi idéal pour les partisans de la construction européenne.

Alors que le Sommet de Porto avait vocation à penser la mise en œuvre des grandes déclarations européennes – dont le socle européen des droits sociaux ratifié en 2017 lors du Sommet de Göteborg, en Suède – de nombreux États se sont légitimement inquiétés. En déclarant que l’Union européenne devait impérativement tenir compte « des structures institutionnelles propres à chaque pays », ces onze États s’opposent aux desseins globalistes de l’Union européenne qui mène une politique hors-sol, mettant de facto en danger les fragiles équilibres nationaux.  

 

Tout d’abord, nous contestons frontalement ce que peuvent raconter les institutions européennes dont les soi-disant experts juridiques concoctent une sorte de gloubi-boulga infecte à partir d’un mélange d’articles législatifs européens indigestes. On nous demande de croire comme parole d’Évangile des juristes aux ordres d’une Commission européenne que plus rien ne semble arrêter dans son grignotage incessant des parts de notre souveraineté.

 

Le manque de couverture des enjeux européens est une véritable aubaine pour ces technocrates qui justifient leurs actions en dehors de tout débat démocratique.

 

Chacun a pu voir à quel point la machine européenne fait preuve de lenteur dans un monde qui bouge de plus en plus vite au point qu’il faudrait proposer de réviser ses slogans pour enfin dire que cette prétendue « Europe de la paix » arrive en réalité toujours une guerre en retard !

 

Dès lors, il n’y a pour la France aucun intérêt à transférer des pans entiers de compétences sociales supplémentaires à l’échelle européenne d’autant plus que cela touche directement les conditions de vie des Français.

 

Ensuite, nous refusons cette politique du fait accompli, surtout à l’heure où l’inefficacité, la lenteur bureaucratique et les désaccords récurrents caractérisent une gestion européiste absolument lamentable. Son échec retentissant dans la commande des vaccins ou son impuissance face à la gestion des flux migratoires doivent nous inciter à défendre une politique sociale indépendante.

 

Avec Marine Le Pen, ce ne seraient pas onze, mais douze pays avec la France, qui refuseraient cette fuite en avant dangereuse pour les Français.