Tribune de Dominique Bilde, Député français au Parlement européen

Hier, Notre-Dame de Paris brûlait…

Ce tragique événement nous rappelle combien notre patrimoine est fragile et combien la tâche qui nous revient de le transmettre est ardue. Il nous rappelle les mots de Charles Péguy : « il est plus facile, dit Dieu, de ruiner que de fonder ». En quelques heures, huit siècles d’émerveillement peuvent être violemment consumés. Il nous rappelle aussi que transmettre, ce n’est pas uniquement préserver. C’est aussi, pour chaque génération, s’assurer d’être capable de reconstruire. Nous le sommes !

L’on peut espérer une aide en provenance du fonds de solidarité de l’Union européenne qui était intervenu après le tremblement de terre dont avait été victime la Grèce en 2015. Ou bien du fonds de cohésion qui a contribué à la reconstruction de la basilique Saint-Benoît de Norcia après le séisme de 2016 en Italie. Mais l’on sait combien les institutions sont lentes à réagir.

En juin 1194, un incendie ravageait la cathédrale de Chartres. La charpente était détruite. Ce que l’on nommait alors la Chrétienté était en émoi. Les dons affluèrent de toute part, permettant à l’une des premières grandes cathédrales gothiques d’émerger dès 1221. Espérons que l’histoire se répète.

Les Français sont évidemment les premiers meurtris par le désastre d’hier. Touchés au cœur, il ne fait pas de doute que c’est avec ce même organe qu’ils répondront. De même, le sort de Notre-Dame de Paris ne peut laisser indifférents les millions de visiteurs qui ont été touchés par sa grâce. J’ai bon espoir que nous répondrons tous à l’appel aux dons lancé par la Fondation du patrimoine. Un cœur blessé doit toujours faire place à l’espérance.

« Ma petite espérance n’est rien que cette promesse de bourgeon, qui s’annonce au fin commencement d’avril… ». Charles Péguy avait raison : c’est par le bourgeon que l’on répond au bois mort.