Tribune de Jean-Paul GARRAUD

Porte-parole de Marine Le Pen

Député français au Parlement européen

Président du groupe Rassemblement National au Conseil régional d’Occitanie

Président de l’Association Professionnelle des Magistrats

 

Le rapport sénatorial par qui le scandale arrive, s’intitule : « Un phénomène tentaculaire : l’influence croissante des cabinets de conseil sur les politiques publiques ».

En effet, avec un milliard d’euros de dépenses en conseils, l’État a doublé ce type de dépenses entre 2018 et 2021, confirmant ainsi l’indéniable influence d’entreprises privées dans les prises de décision de la « puissance publique » qui marque ainsi une dépossession grandissante de son activité.

Il est bien évident que de telles dépenses conduisent immanquablement à des décisions qui vont dans le même sens.

Ceux qui travaillent, préparent puis « conseillent », provoquent la décision.

Avec 15 à 20 millions d’euros de marchés publics attribués à McKinsey, c’est aussi le signe d’une défiance face à la haute fonction publique.

Le Conseil d’État n’est donc plus le conseiller de l’État au premier sens du terme.

Qu’est-ce à dire ? Incompétence de la haute administration ? Plus grande réactivité du privé ? Ou bien, contournement d’une administration qui pourrait s’avérer tatillonne… ?

Les missions externalisées par l’État à McKinsey laissent pantois :

  • Campagne vaccinale contre la Covid-19 (12,33 millions €)
  • Mise en œuvre informatique de la réforme des APL (3,88 millions €),
  • Préparation de la réforme avortée des retraites (957.674 €)
  • Préparation d’un colloque annulé à l’UNESCO (496.800 €)
  • Rédaction d’un guide sur le télétravail dans la fonction publique (235.620 €)
  • Organisation de la journée des agents de Santé Publique France (169.440 €)
  • Examen du mode de gestion du bonus/malus sur les cotisations chômage (327.060 €)

Au regard de l’explosion de ce type de dépenses sous le quinquennat d’E. Macron, on comprend que le recours aux cabinets-conseils est devenu un réflexe, l’expression d’une idéologie mondialiste tournée vers les USA.

C’est, en fait, l’une des expressions du monde merveilleux de Macron.

La France, avec son administration multiséculaire, est bien loin des préoccupations du jeune trader en chef de Rothschild.

Celui-ci se tourne plus facilement vers les cabinets outre-Atlantique, qui plus est quand ils étaient déjà bien proches de lui avant 2017 et pendant sa campagne présidentielle…

Le directeur associé chargé du secteur public de McKinsey, Karim Tadjeddine, travaillait aux côtés d’E. Macron lors de la Commission Attali sur la croissance et participait aussi à sa campagne présidentielle de 2017. L’actuel directeur général de La République En Marche, Paul Midy, a été salarié de McKinsey d’octobre 2007 à septembre 2014. Le chef de file en France du pôle de compétences Marketing et Ventes de McKinsey, n’est autre que Victor Fabius, le fils de Laurent, l’actuel président du Conseil constitutionnel.

Les fonctionnaires sont donc mis hors-jeu et c’est le contribuable qui règle l’addition des conseillers privés.

Le cabinet McKinsey exige, dans l’intégralité de ses devis, une confidentialité extrême sur son intervention au sein des ministères en précisant que les documents réalisés le seront au format du ministère, comme pour dissimuler son intervention. Allant même jusqu’à réclamer la non-mention du nom de l’entreprise dans les documents destinés à sortir d’un ministère. Cette opacité a une signification. Le bon peuple, qui pourrait se rebeller, on ne sait jamais, doit rester dans l’ignorance de ces pratiques, surtout à l’approche d’élections majeures.

Mais, il n’y a pas que la France !

Le cabinet McKinsey conseillait le gouvernement d’Angela Merkel dans la gestion des flux de migrants lors de la crise migratoire de 2015. Avec le résultat que l’on connaît : l’accueil de 1,5 million de clandestins en Allemagne et… une note d’honoraires pour le cabinet new-yorkais de 29,3 millions d’euros

Très en pointe sur l’accueil des migrants en Europe, McKinsey a aussi prodigué ses conseils en Suède de 2008 à 2009 pour un montant de 2 millions de dollars.

En 2015 et 2016, McKinsey travaillait à l’accélération de l’examen des demandes d’asile introduites en Grèce en vertu d’un contrat de 992.000 euros conclu avec le bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO), bras armé de l’Union européenne pour favoriser l’immigration/submersion.

McKinsey travaille aussi pour la Commission européenne et plusieurs agences européennes sur d’autres sujets.  L’ensemble des engagements contractualisés avec la Commission, entre 2017 et 2020, se chiffre à 10,8 millions d’euros, dont 8,4 millions d’euros pour l’Agence exécutive pour les petites et moyennes entreprises qui ont servi notamment à financer la publication d’un rapport de 34 pages, intitulé « Intelligence artificielle : applications industrielles critiques », pour la modique somme d’un million d’euros… soit près de 30.000 € la page !

Pour éviter d’être imposé, McKinsey sait où il faut être enregistré.

Officiellement, installé dans le Delaware aux États-Unis, le cabinet-conseil, avec un chiffre d’affaires déclaré de 329 millions d’euros en 2020, n’a payé aucun impôt sur les sociétés en France et cela depuis 10 ans.

Où s’arrête le « conseil » et où commence la collusion dans ces conditions ?

Ces lobbies ont pris peu à peu la place de tous les corps intermédiaires au niveau de l’Union européenne, mais aussi dans chaque État.

Ils s’enrichissent et deviennent de plus en plus puissants.

L’argent et le pouvoir se nourrissent l’un l’autre.

L’abandon de souveraineté à leur profit est manifeste.

Par facilité, par médiocrité, par …intérêt, les gouvernants se dépossèdent de leurs attributions tout en gardant seulement l’apparence du pouvoir.

Cet insidieux et pervers tour de passe-passe est à dénoncer avec force.

Les 10 et 24 avril, vous avez l’occasion de retrouver la France, celle que nous aimons.

Votez !