Suite à la « Lettre à Florian Philippot » des Jeunes avec Bruno Le Maire…

Nous savions l’UMP mal en point. Bruno Le Maire nous prouve dorénavant qu’elle n’a plus rien à perdre : il faut frapper sur le Front National à tout prix, quitte à se couvrir de ridicule. Malheureusement pour vous M. Le Maire, si le ridicule ne tue pas, il n’en discrédite pas moins toute votre parole politique.

Votre dernière marotte ? L’hommage rendu par Florian Philippot au Général de Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises. Vous poussez des cris indignés : comment ose-t-on remettre en cause votre mainmise sur la mémoire du Général ? Vous vous comportez comme un avare recroquevillé sur son trésor, alors même que l’héritage gaulliste appartient à la France toute entière, sans distinction de parti. Notons d’ailleurs que la venue de Mme Hidalgo ne vous pose aucun problème : on n’aurait pas pu rêver plus belle preuve de la ligue UMP-PS contre le Front National.

Mais vous sentez bien que votre indignation sonne faux. Alors vous en rajoutez : on nous ressort le coup de la diabolisation, même si les Français ne sont plus dupes. Vous voulez faire peur en dépeignant le Front National sous les traits les plus noirs. Vous allez même jusqu’à invoquer, suprême infamie !, ses fondateurs. Vous oubliez allègrement de mentionner Georges Bidault, successeur de Jean Moulin au Conseil National de la Résistance, ou Michel de Camaret, compagnon de la Libération. Vous donnez en somme des leçons d’histoire à tout le monde. Vous sentez-vous pour autant comptable du passé de vos camarades ? Si on voulait jouer au petit jeu des références à l’histoire, nous vous conseillons d’aller jeter un coup d’œil du côté de chez Messieurs Devedjian, Longuet ou Madelin. Nous, nous ne jouons pas ce jeu-là. La politique mérite un peu plus de sérieux. Vous êtes, vous et vos soutiens, des grands donneurs de leçons devant l’éternel. Nous n’avons que faire de vos remontrances.

Donneurs de leçons ? Mais c’est à M. Le Maire lui-même que ses soutiens pourraient en donner, car M. Le Maire ne maîtrise plus ses propres références. Nous savons qu’à l’UMP, on préfère « Zadig & Voltaire » à la Princesse de Clèves, mais comment un agrégé de lettres modernes peut-il décemment dire de Godot qu’il « attend » ? Une faute comme celle-ci serait bénigne, si elle n’était pas révélatrice d’un mode de pensée politique : Bruno Le Maire est un homme qui apprend ses petites fiches pour le grand oral, et qui une fois le grand oral passé n’en retient plus rien. Peut-être compte-t-il transformer la France à coups de surligneur ?

Si Bruno Le Maire est aussi grand docteur ès études gaullistes qu’il est fin connaisseur de théâtre, M. Philippot et le Rassemblement Bleu Marine n’ont pas de souci à se faire : recevoir des critiques d’un homme qui a trahi le gaullisme sans aucune honte, c’est un honneur. Recevoir les critiques d’un homme qui n’est même pas allé se recueillir sur la tombe du Général et qui reproche aux autres de l’avoir fait, c’est un honneur. Recevoir les critiques d’un homme qui veut appliquer une politique ultra-libérale et qui considère qu’en France « on distribue des chèques » à des incapables, c’est un honneur. Recevoir des critiques d’homme qui a voté le TSCG, mettant ainsi la France à la merci d’une structure anti-démocratique, le Mécanisme Européen de Stabilité, c’est encore un honneur.

Si vous vouliez véritablement donner des leçons de gaullisme, il fallait commencer par le plus important. Et le plus important pour le Général de Gaulle, c’est l’indépendance et la souveraineté des nations. Vous citiez sa famille ? Nous préférons aller directement à la source, et citer le Général lui-même : « Les seules réalités internationales, ce sont les nations ». A partir de là, on pouvait dire, ô Dieu, bien des choses en somme… par exemple tenez :

Moi, Monsieur, si j’étais fidèle à la mémoire du Général de Gaulle, je n’aurais pas bafoué l’expression de la volonté du peuple en faisant ratifier par le Parlement un traité que les Français ont rejeté par référendum en 2005.

Moi, Monsieur, je ne braderais pas depuis plus de 20 ans des pans entiers de la souveraineté de la France au profit des lobbies et des banques, en allant jusqu’à soumettre le budget de notre pays à l’approbation de Bruxelles.

Moi, Monsieur, je ne voterais pas main dans la main avec le Parti Socialiste 97% des directives européennes qui s’imposeront ensuite à la loi française.

Moi, Monsieur, je m’opposerais de toutes mes forces au Traité de libre-échange transatlantique qui signe l’arrêt de mort de notre agriculture et de notre industrie et je retrouverais un modèle patriote de protectionnisme intelligent.

Moi, Monsieur, je briserais les chaînes d’une monnaie unique qui maintient en état d’esclavage économique les peuples d’Europe, pour retrouver dans mon pays à la fois la prospérité et l’emploi.

Enfin, moi, Monsieur, je rendrais la parole au peuple pour les grands choix de l’avenir national, en organisant non pas une pseudo-révolution démocratique, mais un référendum sur le maintien de la France dans une Union Européenne mortifère.

Voilà ce qu’à peu près vous nous auriez dit, si vous aviez un peu de lettres et d’esprit ; mais d’esprit, ô les plus bruxellois des êtres, vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres, vous n’avez que les quatre qui forment le mot : UMPS !

Les jeunes gaullistes du Rassemblement Bleu Marine