Tribune de Gilles Pennelle, président du groupe RN au Conseil régional de Bretagne

Créées en 2010 par la Loi H.S.P.T dite « Loi Bachelot », les ARS résultent d’un large accord entre droite, gauche et centre. Tous s’accordaient sur leur création.

1. Les ARS, des structures technocratiques uniquement animées par des logiques financières

Fruits de la volonté de régionalisation de la gestion de la politique de santé et du désengagement du Ministère de la Santé, ces Agences sont devenues la clé de voûte de notre système de santé. Véritables superstructures aux moyens financiers et humains colossaux, ces Agences couvrent un large champ de compétences, dont l’une des plus importantes : l’anticipation, la préparation et la gestion des crises sanitaires.

Très vite, les ARS sont au cœur des critiques des professionnels de santé et des élus locaux. Trop technocratiques et bureaucratiques, les ARS deviennent rapidement de véritables États dans l’État, où règnent copinages (comme la nomination de Dominique Voynet à la tête de l’ARS Mayotte !) et excès de normes délirantes. Actuellement, sur les 13 directions d’ARS métropolitaines, 7 sont occupées par des personnalités ayant appartenu à des cabinets de collectivités tenues par la gauche avant 2012 ou à des cabinets ministériels sous les présidences Hollande et Macron.

Durant une décennie, les ARS ont imposé une vision exclusivement comptable de notre système de santé. Plus préoccupées par des bilans financiers que par la santé des Français,  ces agences ont dépecé notre service public de la santé : fermeture de services, d’établissements, suppression de plus de 70 000 lits (dont une grande partie en réanimation !) au cours des 3 derniers mandats présidentiels, baisse drastique des effectifs, diminution voire suppression des stocks de matériel… les ARS ont opéré une saignée sans précédent, imposant 12 milliards d’euros de coupes budgétaires à nos hôpitaux publics, y instaurant une pénurie inacceptable.

Elles portent ainsi une lourde responsabilité dans l’incapacité structurelle de notre système de santé à faire face à l’épidémie que nous connaissons !

2. La crise du coronavirus met au grand jour la faillite des Agences Régionales de Santé

Face à cette grave crise sanitaire, le bilan de la gestion des ARS se résume en deux mots : impréparation et amateurisme. L’incapacité à mobiliser les cliniques privées et à soigner les patients dans leur région d’origine par manque de lits, à mettre en place des tests massifs et  à

fournir matériel de protection et masques est criante. C’est indigne de la 6e puissance mondiale !

La différence de stratégie des ARS selon les régions a empêché la mise en place d’une politique de gestion nationale de la crise sanitaire.

Cette incompétence est doublée d’une inhumanité dans la gestion scandaleuse des EHPAD. Les ARS ont abandonné les personnels mais aussi et surtout les résidents en refusant les tests et matériels de protection systématiques et surtout par le non-transfert des malades vers les hôpitaux, avec pour conséquence la mort des infectés et la propagation rapide de l’épidémie au sein des EHPAD. Elles se sont rendues coupables de non-assistance à personne en danger !

3. Le Rassemblement National pour une « renationalisation » du système de santé

Face à cette faillite totale, le Rassemblement National appelle à une vaste réforme de notre système de santé conduite par deux principes généraux essentiels. D’une part, le refus du culte de la rentabilité et la sanctuarisation de nos dépenses en la matière : la santé des Français n’a pas de prix ! D’autre part, la « renationalisation » de la gestion de la politique de santé. Les ARS ont démontré la dangerosité de la régionalisation en la matière. La santé doit redevenir une compétence régalienne !

Ces deux principes commandent des mesures très concrètes. Le Rassemblement National demande, compte-tenu des résultats catastrophiques de ces organismes, la suppression des ARS. La politique de santé dans les territoires sera de nouveau placée sous l’égide du Préfet et l’autorité du Ministère de la Santé, en lien avec les élus locaux et professionnels de santé.

En complément, des mesures d’urgence doivent être adoptées pour soulager dans l’immédiat notre système de santé : revalorisation de la rémunération des soignants, moratoire sur les fermetures de lits, de services et d’établissements dans l’hôpital public. Il faut d’urgence réaliser un audit complet des besoins des hôpitaux et des EHPAD.

Les Agences Régionales de Santé ont échoué. Il faut en tirer les conséquences. Comme dans beaucoup de domaines, l’Etat doit reprendre la main. Le Rassemblement National est aujourd’hui la seule force politique capable d’assurer à nos concitoyens une  politique de santé adaptée à nos besoins.