Derrière ce terme abscons se cache en réalité notre sécurité énergétique.

Avec son Pacte vert, l’Union européenne s’est engagée sur la voie de la neutralité carbone pour 2050.
Pour mener ce projet à bien, la Commission veut établir une taxonomie verte, c’est-à-dire une liste de critères techniques définissant quelles activités contribuent aux objectifs environnementaux et climatiques du Pacte vert et, ainsi, peuvent être éligibles aux financements. L’objectif est d’encourager les investissements privés dans des activités durables sur la base d’une référence commune.

Or, la Commission tergiverse depuis des mois sur la possibilité d’inclure ou non le nucléaire et le gaz dans la taxonomie. Ce faisant, elle se couperait de deux atouts majeurs : comment parvenir à la neutralité carbone sans ces énergies stables, pilotables, et favorisant la décarbonation ? Si bien qu’elle a reporté d’encore quelques mois sa décision finale.

Cette énième pirouette va avoir pour conséquence de priver ces industries d’un accès aux financements de la transition énergétique pour une période indéterminée. C’est d’autant plus incompréhensible quand on sait que le Centre commun de recherche (CCR), le service scientifique interne de la Commission, s’est lui-même déclaré favorable à l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie.

Cela, au moment où le reste du monde (États-Unis, Royaume-Uni, Chine, Russie…) envisage, si ce n’est déjà fait, d’intégrer le nucléaire dans ses équivalents nationaux de la taxonomie. On nous prive, par idéologie, par manque de courage, d’une industrie dans laquelle la France excelle, et de sources d’approvisionnement stables et bas carbone.

Il n’est que temps d’inclure le nucléaire et le gaz dans cette taxonomie européenne en leur reconnaissant le rôle de fer de lance des objectifs européens de sécurité énergétique, de relance économique, de relocalisation industrielle, de souveraineté énergétique, contribuant à la réduction de notre empreinte carbone.