Tribune libre d’Eric Domard, Conseiller spécial de Marine Le Pen

Les experts de salon et les fanatiques du sans-frontiérisme ont beau tenté de le nier, la submersion migratoire est une réalité protéiforme qui concerne tout le continent européen.

Aux traditionnelles portes d’entrée que sont l’Italie (aujourd’hui colmatée par la politique énergique et dissuasive de Matteo Salvini), la Grèce et l’Espagne, s’ajoute désormais la Bosnie.

Les autorités bosniennes s’attendent en effet à une « escalade » du nombre de migrants sur la « route des Balkans » en 2019, selon Dragan Mektic, ministre bosnien de la Sécurité.

Se référant aux « informations » provenant « d’institutions officielles dont certaines européennes », il indique dans un entretien à l’AFP* que quelque « 70 000 migrants se trouvent actuellement en Grèce, se mettent en mouvement » avec l’objectif de parvenir en Europe occidentale.

On comprend qu’à deux mois des élections européennes cette information soit passée sous silence par l’Union européenne et ses soutiens qui clament à l’envi qu’il n’y a pas de crise migratoire.

Cette nouvelle donne suscite plusieurs observations :

  • La Bosnie-Herzégovine – construction étatique artificielle, où le dogme du vivre ensemble s’est mué en vivre face à face, précipitant la désintégration du mythe des sociétés multiculturelles radieuses et pacifiées – est une nouvelle voie ouverte pour cette submersion migratoire qu’elle ne peut endiguer, malgré les quelque 10 millions d’euros déjà injectés par Bruxelles pour financer des centres d’accueil.
  • Tout comme l’Espagne ou la Grèce, la Bosnie n’est qu’un point de transit, l’écrasante majorité de ces migrants ayant pour but de rejoindre les pays de l’Union européenne dont ceux aux législations sociales les plus attractives.

Au moment où la Grande-Bretagne, le Danemark, l’Autriche, l’Italie ou encore la Hongrie ont durci leur législation en matière de politique migratoire, ce sont bien évidemment vers des pays aux conditions toujours plus laxistes que se tourneront les migrants. Entre l’Autriche qui prévoit de demander une contribution financière aux demandeurs d’asile pour les frais de dossier et les 204 euros mensuels versés en France au seul titre de l’Allocation de demandeur d’asile, le choix de la destination géographique est vite fait…

  • Ce point de fixation d’une migration exponentielle soulève la question de l’étanchéité des frontières extérieures de l’Europe dont les macronistes louent la solidité.

Ces dizaines de milliers de migrants se trouvant en Grèce et qui sont prêts à passer en Bosnie, doit interpeller sur l’inefficacité de Frontex et la dangerosité de s’en remettre au seul contrôle des frontières extérieures de l’Europe.

L’accord financier (3 milliards d’euros) passé avec la Turquie et prévoyant que ce pays « prenne toutes les mesures nécessaires pour éviter que de nouvelles routes de migration irrégulière – maritimes ou terrestres – ne s’ouvrent au départ de son territoire en direction de l’UE », n’a eu qu’un effet limité, si ce n’est celui de nous rendre dépendants sur cette question ultrasensible et stratégique du régime islamo-conservateur de l’autocrate Erdogan.

La fin de l’hiver et l’amélioration des conditions climatiques vont de nouveau réactiver ces flux migratoires sans que l’Union européenne ne soit en capacité d’y faire face, paralysée par cette vision mondialiste irresponsable de libre circulation anarchique des personnes et ce dogme multiculturaliste, porteur de tous les dangers pour la cohésion économique, sociale, culturelle et sécuritaire des nations européennes.

  • Il est indispensable de changer radicalement de politique face à un phénomène qui prend de l’ampleur et que la fatalité et la connivence des élites européistes encouragent.

La suppression des frontières intérieures exigée par l’Union européenne a privé les nations de toutes protections et de ce pouvoir régalien de décider souverainement de qui entre et se maintient sur un territoire.

Un véritable et efficace contrôle passe par le rétablissement au préalable des frontières nationales, chaque nation doit pouvoir décider et garder la main sur cette question fondamentale.

L’Alliance des Nations européennes qui se substituera à la défaillante Union européenne y pourvoira, en rétablissant ce droit inaliénable des peuples souverains.

Etablir des frontières extérieures est une réalité géographique qui s’impose à tous, mais elles n’ont de sens que si elles jouent pleinement le rôle qui leur est dévolu : agir en complément des frontières nationales.

Le 26 mai les Français devront choisir : l’Europe sans visage, sans identité et sans âme, ce village global que rêvent de construire les fédéralistes emmenés par Emmanuel Macron où chacun, d’où qu’il vienne, est libre d’y entrer et de s’y installer, ou une Europe qui protège, fixe des règles de bon sens applicables à tous et parmi lesquelles, celle qui veut que nul n’entre dans une maison qui n’est pas la sienne sans y avoir été invité.

*dépêche AFP du 8/3/2019