Tribune de Mathilde Androuët, députée au parlement européen, conseillère régionale d’Ile-de-France, Déléguée départementale RN des Yvelines

Sous l’égide de la diplomatie européenne appuyant les voeux des gouvernements français et allemand, le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre kosovar probruxellois Avdullah Hoti se rencontreront jeudi à Bruxelles. Il s’agit de consolider la reprise d’un dialogue visant à normaliser les relations entre leurs pays. En signe de bonne volonté le Kosovo a abandonné en avril dernier les taxes qui frappaient les produits serbes. Cette « normalisation » est la condition fixée par l’UE pour permettre l’adhésion de la Serbie même si Belgrade et quatre autres pays de l’Union refusent toujours de reconnaître l’indépendance (autoproclamée en 2008) de la « république du Kosovo ». Une province serbe comme l’a acté la résolution 1244 de l’ONU, qui fut historiquement le berceau de la foi orthodoxe de cette nation, arrachée à celle-ci suite à la guerre livrée par l’Otan à la Serbie en 1999.

Un conflit qui prit aussi l’aspect d’une épuration ethnique menée par les islamo-mafieux de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) soutenue par des réseaux fondamentalistes musulmans, certaines pétromonarchies, la Turquie, l’Otan et Washington, quand bien même l’UCK figurait sur la liste des organisations terroristes des Etats-Unis jusqu’en 1998… Une guerre menée également contre la religion orthodoxe avec les attaques à l’arme lourde perpétrées contre des monastères médiévaux, la destruction de plus de 150 églises et cimetières chrétiens.

C’est dans ce contexte que comparaissait en début de semaine à La Haye devant le tribunal spécial pour le Kosovo (KSC) Hashim Thaçi, président du Kosovo depuis 2016, qui mena à la tête de l’UCK cette guérilla terroriste. Reçu chaleureusement par Emmanuel Macron à l’Élysée il y a deux ans, M. Thaçi doit répondre, aux côtés de son vieux complice, Kadri Veseli, chef du Parti démocratique du Kosovo (PDK), des accusations de « crimes contre l’humanité » et « crimes de guerre » pendant le conflit avec la Serbie (1998-99). Il lui est notamment reproché d’être « responsable de près de 100 meurtres », d’enlévements, de persécutions et de tortures de Serbes, de Roms, mais aussi de rivaux albanais du Kosovo.

Des accusations étayées par les investigations menées il y a plus de douze ans par Carla del Ponte, ancienne présidente du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) qui indiquait notamment que les chefs Albanais du

Kosovo s’étaient livrés à un trafic d’organes prélevés sur des centaines de prisonniers serbes, dont des femmes. Un rapport du parlementaire suisse Dick Marty, adopté en janvier 2011 par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, décrivait aussi ce trafic. M. Marty évoquait les noms de dirigeants de l’UCK, dont celui d’Hashim Thaçi. 1500 Albanais ainsi que 500 Serbes et non albanais sont toujours officiellement portés disparus.

Il est compréhensible que les Européens, soucieux de reprendre la main dans un dossier jusqu’alors largement préempté par les Etats-Unis, agissent pour le règlement d’un conflit larvé qui continue à menacer la paix et la stabilité des Balkans. Pour autant, il s’agit de ne pas oublier la faute originelle de la Commission européenne et de plusieurs États membres. Ce sont eux qui ont reconnu, dès 2008, le Kosovo et des dirigeants dont les agissements criminels apparaissent désormais au grand jour mais dont avaient déjà connaissance il y a vingt ans les services de renseignements occidentaux.

L’exemple kosovar doit aussi inviter les Européens et nos compatriotes à méditer sur les dangers de l’idéologie multiculturaliste. C’est aussi en son nom que les dirigeants bruxellois souhaitent à terme intégrer le Kosovo et l’Albanie, quitte à bafouer les droits des populations chrétiennes autochtones.

Les 120.000 Serbes du Kosovo ont été victimes d’une véritable politique d’effacement en étant soumis aux crimes, aux violences, aux intimidations, aux vexations de la majorité de la population devenue musulmane et albanaise par le biais de l’immigration de peuplement albanophone. Certains n’ont pas hésité à dresser un parallèle entre le Kosovo et l’évolution d’un département comme la Seine-Saint-Denis, berceau de notre Histoire nationale progressivement submergé par une immigration hors contrôle. Un avertissement que nous devrions peut-être méditer.