Sur les chantiers de Bucarest, en Roumanie, il est devenu courant d’entendre les travailleurs parler entre eux des langues étrangères comme le vietnamien ou le turc. Un phénomène qui peut sembler anodin à première vue, mais qui illustre pourtant toute l’absurdité du modèle européen. 

Depuis 1989, ce pays a perdu presque 4 millions d’habitants, soit 15% de sa population. En plus d’un déclin démographique propre à l’ensemble du continent européen, l’émigration massive de ses travailleurs n’a de cesse d’y inquiéter les autorités.  Celles-ci doivent résister au choc d’unsolde migratoire négatif de près de 100 000 personnes par an en moyenne, et ce, depuis trente ans maintenant.

Si cela constitue une opportunité pour de nombreux expatriés qui y voient un moyen d’augmenter considérablement leur revenu, le manque à gagner sur le long terme pourrait s’avérer économiquement catastrophique pour l’État roumain qui a besoin de ses forces vives pour aller de l’avant.

 

La directive des travailleurs détachés n’est pas la solution à la pénurie de main-d’œuvre !

Depuis l’adhésion du pays à l’Union européenne en 2007, la libre-circulation des travailleurs (qui passe par la directive sur les travailleurs détachés) fait partie de ses revendications les plus importantes vis-à-vis des institutions européennes. Alors que la Commission tente de nous démontrer les bienfaits de cette politique, elle est nettement plus discrète sur l’absurdité totale du système dont elle assure la pérennité en détriment des États européens qui en subissent les conséquences de plein fouet.

En 2018, une étude montrait que 81% des employeurs roumains déclaraient avoir des difficultés à pourvoir des postes vacants dans de trop nombreux domaines. Cela a pour conséquence que le pays est celui qui souffre de la plus forte pénurie de main-d’œuvre au monde, juste derrière le Japon. Avant la crise sanitaire, la Roumanie ne comptait que 3,3% de chômage, lui permettant ainsi d’atteindre une situation de plein-emploi selon la formule consacrée

Pourtant, le dessous des cartes montre des disparités géographiques importantes, mais cache surtout le manque d’infrastructures dû à l’absence de main-d’œuvre pour les construire. Cela a pour effet un ralentissement considérable pour le développement du pays.

 

La fuite des cerveaux touche la Roumanie de plein fouet !

C’est la double peine : depuis quelques années, la Roumanie, à l’instar de ses proches voisins, doivent désormais faire appel à des dizaines de milliers de travailleurs extra-européens originaires du Viêtnam, de Turquie ou du Népal pour pallier ces terribles pénuries.

En somme, on remplace des travailleurs français par leurs homologues roumains dans le BTP ou les transports routiers, qui eux-mêmes sont dorénavant remplacés par des immigrés asiatiques. La circulation des uns provoque un vide qui doit être comblé à son tour : on croit régler un problème alors qu’on contribue à en créer un autre !

Plus dramatique encore : ce sont de nombreux médecins et ingénieurs qui manquent à un pays qui s’est pourtant donné les moyens de les former. En passant leur vie active à l’étranger, ces travailleurs qualifiés ont suivi un cursus chez eux sans que les bénéfices ne reviennent à la société tout entière. « La Roumanie prépare du personnel médical qu’elle n’a pas les moyens de retenir » résumait parfaitement il y a quelques années Marius Ungureanu, chercheur et ancien secrétaire d’État à la Santé.

Plutôt que d’aider à les y retenir, l’Union européenne met tout en place pour les inciter à partir !

Ceux-ci reviendront toutefois majoritairement passer leur retraite dans leur pays d’origine, accentuant les pressions sur un système de soins de santé déjà fragile. C’est en cela que le modèle imposé par l’Europe ne peut pas résister à l’épreuve de la réalité sociale.

 

Le modèle européen : des travailleurs immigrés partout !

​C’est le cœur du problème : l’Union européenne semble ne pas s’inquiéter de tous ces flux migratoires. C’est pourtant la conséquence logique de cette politique aberrante : en laissant croire que le détachement des travailleurs permet de régler les pénuries en France, on refuse de voir celles qui apparaissent en Roumanie.

La politique des travailleurs nomades n’est ni viable, ni souhaitable : elle est surtout au diapason de ce que le Rassemblement national propose depuis des années déjà. À l’image de la France qui figure en bonne place dans le classement sur la fuite des cerveaux, nous ne cessons de marteler à quel point le laisser-faire en la matière est inquiétant .

Si le localisme promeut un retour à la production de proximité, cela doit également valoir pour les peuples qui ne sont pas interchangeables, n’en déplaise à l’européisme fou de la Commission européenne qui oublie que derrière un contrat de travail se trouve un homme porteur d’un héritage et surtout d’une volonté : celle de vivre en contribuant à l’essor de sa patrie !