Tribune de Dominique Bilde, député français au Parlement européen 

Cette semaine, c’est le Premier ministre du Québec, François Legault (du parti de droite Coalition Avenir Québec) qui s’est retrouvé sous l’œil des critiques par les organisations de gauche et les associations militantes actives aussi en France. En cause : la loi sur la laïcité de l’État promulguée en juin 2019, est aujourd’hui menacée au nom des concepts fumeux tels que celui de « racisme systémique ».

De quoi s’agit-il ?

La loi sur la laïcité de l’État, également appelée « loi 21 » a pour objectif principal de supprimer les signes religieux (ostentatoires ou non) pour les employés de l’État en « situation d’autorité » ainsi qu’aux enseignants du réseau scolaire public. Afin de ne pas froisser les employés portant une kippa, un foulard islamique ou une croix autour du cou, l’Assemblée nationale du Québec y avait même inclus une clause permettant à ceux qui portaient jusque-là un tel signe de le garder. La loi n’avait donc pas d’effets rétroactifs.

En dépit du bon sens et d’une majorité parlementaire pour la voter, voici que ce texte est aujourd’hui dans le viseur des associations de gauche. Celles-ci s’apprêteraient à saisir le tribunal pour contester cette loi « discriminatoire et raciste » selon leurs mots. En somme, ils prévoient de contourner le suffrage universel et la démocratie parlementaire pour faire valoir leurs arguments par d’autres moyens : ceux du pouvoir judiciaire. 

Quelles leçons pour nous en France ? 

Tout d’abord, alors que notre modèle républicain se trouve dans la tourmente à l’heure où nous sommes cernés par le politiquement correct, cette affaire québécoise à tout pour nous inquiéter. La réduction du principe de laïcité à un système d’oppression pour les minorités illustre à merveille l’état de pourrissement de notre société. En inversant le sens des mots, la gauche offre une chance inédite à l’islam politique d’avancer à grands pas pour imposer le voile islamique dans nos contrées.

Ensuite, c’est le contournement de la volonté populaire par les juges dont il s’agit. Faisant fi du résultat des élections, l’extrême-gauche qui jadis luttait contre l’État, use désormais de sa justice pour faire plier la majorité. En faisant la loi à la place d’un Parlement ou en orientant à ce point les décisions d’un gouvernement, la justice est-elle encore dans son rôle ?

Enfin, cette affaire permet de nous rappeler qu’une langue n’est pas seulement un moyen de communication, mais une vision du monde avec des valeurs. La langue française parlée de l’autre côté de l’Atlantique ne fait pas exception à la règle ! Le Québec, îlot francophone d’Amérique, nous rappelle que les liens avec la France sont forts. Il nous rappelle surtout que la laïcité est un bien commun à défendre. À cet égard, les chiffres sont révélateurs : 74% des Québécois francophones sont en faveur de ce texte contre 43% pour leurs compatriotes anglophones. Parler d’un modèle anglo-saxon du multiculturalisme prend tout son sens quand on voit la fracture que le mot « laïcité » peut avoir au cœur même de la « Belle Province ».

Ce sont là trois leçons qui nous incitent à observer l’issue de ce bras de fer avec beaucoup d’attention.

Gens du pays, c’est votre tour ! 

Français, réveillez-vous !