Tribune libre de Mathilde Androuët, députée européen, conseillère régionale d’Ile-de-France, Déléguée départemental RN des Yvelines

Le dernier rapport du Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO) expose la forte hausse du nombre de demandes d’asile déposées en 2019 dans les pays européens. Il faut remonter à la grande vague migratoire d’il y a cinq ans pour retrouver des chiffres aussi élevés : les demandes ont augmenté de 11 % l’année dernière par rapport à 2018 et concernent au total 738 425 personnes. Une nouvelle hausse de 16 % a été enregistrée au cours des deux premiers mois de 2020, hausse également constatée par l’Agence européenne des garde-frontières et garde-côtes (Frontex). Autre fait majeur, la France, la Grèce et l’Espagne, ont plus accepté de migrants en 2019 que pendant la période 2015-2016.

Face à cette submersion, deux attitudes :

  • Refuser les quotas imposés par Bruxelles au risque d’en attirer les foudres comme l’a fait la Hongrie. La Commission européenne a formé un recours devant la Cour de justice de l’UE pour « non-respect » de la législation de l’Union en matière d’asile. Le gouvernement hongrois est notamment accusé d’avoir « illégitimement » procédé à l’expulsion d’immigrés clandestins.
  • Se soumettre au principe de submersion comme le veut Emmanuel Macron qui n’a de cesse de poursuivre la politique de ses prédécesseurs. Ceci se vérifie notamment par le nombre de places d’hébergement mises à disposition pour les migrants : il y en avait 34 000 en 2009, 98 400 en 2019 et la construction de 16 000 nouvelles places d’hébergement a été annoncée fin 2019 par le Ministère de l’Intérieur. Et ce, au moment où le dernier rapport de la fondation Abbé Pierre indique que la France compte quatre millions de mal-logés dont plus de 900 000 personnes privées de logement personnel. Juste derrière l’Allemagne, notre pays a ainsi accueilli en 2019 128 940 migrants supplémentaires (soit l’équivalent de la population d’une ville comme Annecy ou Perpignan).

Au problème du nombre de demandeurs d’asile pour l’année 2019, s’ajoute le nombre de clandestins auxquels est refusé le statut de réfugié et qui se maintiennent malgré tout sur notre territoire à la charge des contribuables. A titre d’exemple, sur les 132 978 mesures d’éloignement qui ont été prononcées en 2018, seuls 19 957 départs effectifs ont été comptabilisés officiellement. Selon le Pôle national d’analyse migratoire rattaché au ministère de l’Intérieur 26 000 clandestins étaient recensés en France en 2014 contre 79 500 en 2017, dernier chiffre connu puisque depuis deux ans la publication de ses statistiques a été arrêtée… 

Il devient urgent de stopper totalement cet accueil massif de « réfugiés » qui constitue un véritable dévoiement de ce statut en plus d’être un gouffre financier. Ces nouvelles vagues migratoires interviennent au moment où notre pays et nos voisins connaissent une crise économique sans précédent depuis un siècle. Celle-ci va impacter durablement notre tissu économique, menace la survie de milliers de nos entreprises et le maintien de centaines de milliers de nos emplois. La poursuite de cette folle politique d’accueil qui s’ajoute à l’immigration dite « légale » contribue directement à grever les comptes publics, accélère la paupérisation des plus fragiles, alors que la France, selon l’INSEE, compte déjà 9 millions de pauvres et se trouve confrontée de surcroît à de très inquiétants problèmes d’assimilation.

La France est une puissance majeure dans le monde et encore plus en Europe. Elle peut tout à fait imposer à l’Union européenne une révision de sa copie en matière de politique migratoire et réintégrer le statut de nation souveraine en décidant qui peut entrer et rester sur son sol. Seule la volonté politique manque à ce jour ; charge à chacun donc de choisir des représentants politiques forts de cette volonté.