Les accusations portées contre le tout récent ministre Damien Abad, transfuge de LR, par des femmes qui évoquent des faits de viol et violences sexuelles, outre des attitudes et propos particulièrement dégradants, doivent maintenant faire l’objet d’investigations approfondies par la Justice.

Il n’est pas possible qu’un ministre de la République, occupant, en plus, un poste éminent dans le domaine social, puisse rester plus longtemps sous le coup de telles suspicions sans que tout soit fait pour qu’elles soient, ou bien levées ou bien confirmées.

Il y va du crédit de la fonction et, à travers lui, de celui de l’ensemble du Gouvernement : on ne comprendrait pas que la « nouvelle méthode » annoncée pût être celle de l’étouffement des affaires embarrassantes et du rangement des « casseroles » au plus profond des placards des palais nationaux… 

Si, bien entendu, M. Abad doit pleinement bénéficier de la présomption d’innocence, encore faut-il que son dossier puisse être instruit en toute indépendance et impartialité par un juge : il appartient donc au garde des Sceaux de faire le nécessaire en ce sens sans délai, même si cela doit poser la question du maintien de l’intéressé dans ses fonctions.

Cette exigence s’impose d’autant plus au Gouvernement qu’il comporte deux magistrates auxquelles l’article 40 du code de procédure pénale fait l’obligation de dénoncer au procureur de la République les infractions dont elles viendraient à avoir connaissance -ce qui, au premier chef, devrait interpeller l’une d’entre elles, Mme Isabelle Rome, chargée de “l’égalité entre les femmes et les hommes”…

Si ces accusations, graves, leur paraissaient douées de quelque consistance, il serait de bon sens pour le Président et la Première ministre, de réparer sur le champ « l’erreur de casting », sans attendre que les faits finissent par l’imposer. 

Mme la Première ministre dit n’avoir pas été informée de cette circonstance quand elle a « proposé » la nomination de l’intéressé.

On peut s’étonner d’une telle légèreté, alors que cette information avait déjà circulé et que la réputation du personnage semblait bien établie. En tout état de cause, une élémentaire et rapide vérification sur les antécédents du postulant eût pu permettre d’être fixé à cet égard, puisqu’il y avait déjà une procédure au Parquet…

Cette « ouverture de parapluie » laisse rêveur… Mme Borne assure qu’il n’y aura « pas d’impunité » pour de tels faits : chiche ?