Tribune de Catherine GRISET, député RN au Parlement européen, membre de la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire.

Hasard du calendrier, la tenue, mercredi 09 juin, d’un débat au Parlement européen sur le cyberharcèlement à l’égard des femmes en politique coïncidait avec une actualité d’importance. En effet, en France, le procès de plusieurs cyberharceleurs dans le cadre de l’affaire Mila, cette jeune femme menacée de mort sur les réseaux sociaux pour avoir critiqué l’islam, a eu lieu. Mais encore fallait-il élargir la portée du débat et l’empêcher d’être confisqué par des professionnels de l’hypocrisie et du nombrilisme.

Car le sujet est sérieux. Le cyberharcèlement, bien loin de n’être que virtuel, peut détruire des vies, voire tuer. Le cas de Samuel Paty est emblématique : cet enseignant a été décapité dans la rue par un djihadiste après avoir été lynché sur les réseaux sociaux.

Contrairement à beaucoup, nous sommes sensibilisés à la question du harcèlement, sans distinction de couleur politique. Et nous sommes parmi les plus qualifiés pour en parler, tant la présidente de notre parti, Marine Le Pen, est la cible récurrente depuis des années de menaces et d’insultes, dans l’indifférence générale.

Il y a évidemment, dans le traitement de ces affaires, un deux poids, deux mesures permanent : les mêmes qui s’insurgent contre le cyberharcèlement de l’icône progressiste Kamala Harris ne prennent pas la parole pour défendre Marine Le Pen lorsqu’un énième rappeur l’agonit d’injures et fantasme sur son viol dans ses textes. Bien au contraire, des ministres du gouvernement français, qui plus est des femmes, prennent la défense…du rappeur, et le soutiennent pour « chanter » l’hymne de la France à l’Euro de football.

Certes, le cyberharcèlement nuit aux réseaux sociaux. Mais nous n’avons pas tant besoin d’une législation floue et liberticide contre la « haine en ligne » que d’une mobilisation générale des mondes politique, associatif et médiatique pour condamner sans ambiguïté un cyberharcèlement qui n’épargne personne, en particulier les adolescents, et faire appliquer les sanctions déjà prévues par la loi. Se satisfaire d’une indignation sélective, c’est amener le discrédit sur une question qui devrait tous nous rassembler.