Tribune libre de Thibaut de La Tocnaye, membre du BN, vice-président du Groupe RN au Conseil Régional PACA

Le choix stratégique par « défaut » du confinement massif du gouvernement français face à la pandémie, sera lourd de conséquence, in fine, sur le nombre de décès de nos compatriotes et sur l’écroulement relatif de notre économie. Mais il est toujours possible de relever le défi !

Tout le monde a bien compris qu’il y avait deux voies possibles à suivre pour endiguer la pandémie du Coronavirus : le dépistage massif par test du Covid-19 allié à un confinement ciblé des cas sérieux et graves ou le confinement massif de la population de l’ensemble d’un territoire national… C’est le second scénario qu’a « choisi » le gouvernement français, évidemment par « défaut », il faut bien le reconnaître, puisque c’est à cause de la pénurie de matériel de tests (écouvillon, appareillage PCR,…) et de son environnement (laboratoires spécialisés)  du Covid-19 que l’on en a été réduit à un tel pis-aller.

Du coup, la conséquence immédiate de cette méthode « à l’aveugle », c’est une accélération dangereuse de la pandémie par absence de toute anticipation sur les cas sérieux ou même déjà graves de la maladie. Nous y sommes en plein.

La deuxième conséquence, indirecte, c’est l’asphyxie, pour cause de confinement de l’immense majorité de la population, d’une large part de notre économie et, concrètement, l’arrêt de 75 % de notre industrie. Et ceci justement aurait pu être évité si on avait choisi le premier scénario du dépistage massif.

Abandon progressif du service public (en particulier médical et paramédical) depuis 40 ans au nom du sacro-saint capitalisme financier, mondialisation imbécile et division internationale du travail à l’inspiration aussi bien marxiste qu’ultra-libérale (!), délocalisation de nos industries, incompétence et laxisme du gouvernement actuel, voilà une partie des causes de la situation actuelle dramatique.

Alors, que faire ?…  En premier lieu, le gouvernement, par un dialogue au plus près des professions médicales et des industriels, doit satisfaire au plus vite les besoins en urgence de masques et de respirateurs. La fabrication de masques, y compris de type P2 ou P3, n’est pas hors de portée pour la France, même en partie désindustrialisée !… Quant aux respirateurs, j’ose dire que le défi n’est pas non plus hors de portée… Nous verrons si ce gouvernement de technocrates et de palabreurs est enfin capable de se retrousser les manches et de se transformer en mini-chef de projet (gestion directe des approvisionnements, des quantités et des délais) – à défaut d’avoir été le promoteur d’un authentique Etat-stratège !  – afin d’obtenir les équipements médicaux vitaux (en direction du personnel médical et des malades) pour tenir tête au virus et le circonscrire. L’échéance se compte en jours… A vous de jouer ! La France des professionnels, des laboratoires de recherche, des bureaux d’études et des usines est prête à foncer derrière vous. Elle l’a déjà prouvé, par des initiatives individuelles dans plusieurs départements et régions !

Quant aux équipements et dispositifs de tests qui nous ont cruellement manqué jusqu’ici, qu’il s’agisse des tests type PCR (détection directe du virus) ou des tests sérologiques (détection d’anticorps salutaires contre le coronavirus), l’échéance est cette fois à deux ou trois semaines, maximum quatre semaines  !… Car, il est inconcevable de lever le confinement massif sur l’hexagone et l’outre-mer sans avoir prévu, approvisionné et organisé des tests dans le cadre d’un dépistage total et complet de la population française !  C’est à ce prix que nous écarterons une deuxième vague de pandémie qui pourrait être pire que la première… Là-aussi, le défi, malgré la situation catastrophique de notre appareil industriel (pharmaco-chimie, matériaux composites et composants électroniques, électromécanique, mécano-soudure, plasturgie,…) est à portée d’énarques (ou « assimilés », car le niveau des politiques baisse de mandature en mandature !)… si tant est que nos ministres aient l’humilité d’écouter et de soutenir l’effort de nos industriels de santé et de nos industriels tout court.

Lorsque nous serons sortis de cette crise sanitaire comparable aux plus grandes épidémies de notre histoire, comme il en existe une fois par siècle (lèpre dans le haut Moyen-Âge, peste noire au XIVe siècle, choléra au XIXe ou grippe espagnole au lendemain de la Guerre de 14…), et forts des enseignements indiscutables de cette séquence inédite et dramatique, notre mouvement, derrière notre présidente Marine Le Pen, exigera le retour en force de la PRODUCTION française qu’elle soit industrielle (en incluant bien sûr le secteur médico-pharmaceutique qui était, il y a encore peu, un de nos domaines d’excellence), agro-alimentaire et agricole. Car la France, qui est encore – de justesse – le premier pays agricole d’Europe (en chiffre d’affaires), doit le rester tout en redevenant la grande puissance industrielle qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être. Cette double vocation est effectivement ce qui a fait notre histoire et notre indépendance, mais c’est aussi la raison principale de notre résistance indéfectible à toutes les crises (justement) et de notre rayonnement dans le monde.

Et l’arrêt actuel des trois quarts de notre industrie, qui plombera (redémarrage compris) notre création de richesse annuelle d’au moins 4 à 6 mois, devra être l’occasion inespérée (!) de penser et d’initier la ré-industrialisation nécessaire. Des priorités devront être définies, sous-filières par sous-filières, au sein des quatorze filières stratégiques déjà existantes, en partenariat avec les branches professionnelles qu’il s’agira d’ailleurs de rénover rapidement.

On pourra se reporter à mon livre « Le Choix Souverainiste », préfacé par Marine Le Pen, qui aborde largement la question.

Et l’analyse de nos défaillances durant cette crise hors-norme facilitera l’identification des secteurs-clés qui ont pu nous faire défaut, des “chemins critiques” des chaînes de production complexes, des connexions fondamentales et indispensables entre secteurs apparemment dissociés, etc. de façon à orienter en conséquence la ré-industrialisation.

L’objectif est clair : notre PNB industriel devra repasser des 10 ou 11 % actuels  à 20 % comme c’était le cas il y a trente ans et comme c’est le cas en Allemagne.

Et ainsi, on peut espérer qu’à partir de cette terrible pandémie du Coronavirus, un bien inestimable pourra sortir de ce mal, à savoir la reconstruction d’une France qui ne nous fasse plus honte et qui, bien au contraire, rencontrera de nouveau l’admiration de l’ensemble des nations de la planète. Après tout, ne voit-on pas en ce moment-même, alors que notre industrie pharmaco-medicale est en pleine régression, certaines grandes puissances économiques regarder malgré tout vers nos innovations tant au niveau de la prévention du Coronavirus que des tests les plus performants de la maladie ?!…

C’est au “politique” à faire en sorte que le génie français toujours vivace sur le plan de la recherche, de l’inventivité et de l’innovation se transforme enfin en force de frappe sur le plan industriel et économique !

Thibaut de La Tocnaye,

Ingénieur centralien

Dirigeant-fondateur d’entreprises industrielles et high-tech                     Membre du Bureau National du RN