Tribune libre d’Aurélia Beigneux

Membre de la Commission Environnement, Santé publique et Sécurité alimentaire

Membre de l’Assemblée parlementaire Euronest

Membre de l’intergroupe sur le bien-être animal

 

Les mentalités changent, nous ne sommes plus seulement « 30 millions d’amis » mais entre 40 et 50, soit le nombre de Français qui déclarent adhérer aux mesures de défense de la condition animale. Ce chiffre est en augmentation constante en Europe. Les Français possèdent 62 millions d’animaux domestiques, un record continental qui nous interpelle.

Depuis quelques années, la science, ainsi que la philosophie, a démontré que les animaux avaient leurs sensibilités propres. Des chercheurs leur découvrent des capacités sociales jusque-là insoupçonnées, qui dépassent parfois celles de l’homme. Chaque étude nous éloigne de la représentation cartésienne de « l’animal-machine ».

La maltraitance animale augmente en proportion d’animaux possédés. Rappelons en cette fin d’année que 11 animaux domestiques sont abandonnés toutes les heures sur le territoire national. Les violences physiques ou psychologiques et la négligence sont une réalité quotidienne pour de nombreux animaux. En France, le Code pénal punit déjà les sévices graves ou les actes de cruauté envers un animal domestique, mais comme souvent dans un pays où la justice défaille, la loi n’est peu ou pas appliqué.

Le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Belgique se sont saisis très tôt de cette problématique. À nous de faire de même. En Europe ou en France, la voix populaire réclame en majorité un renforcement concernant les lois sur la protection des animaux.

L’ensauvagement de la société que nous déplorons constamment n’épargne pas les bêtes. Les élus européens et nationaux ont un devoir moral à leur égard. Mettons fin aux spectacles d’animaux sauvages dans les cirques partout dans l’Union européenne et à l’abattage rituel. Renforçons les textes de loi contre les personnes commettant des sévices et des actes de cruauté envers les animaux, ciblons les personnes qui enregistrent des vidéos de ce genre, mais aussi celles qui les diffusent sur le net. Cette cruauté 2.0, illustration de la déperdition morale de nos nations, n’est pas le signe d’une civilisation saine.

La protection animale est l’un de ces enjeux sociétaux qui font de notre combat un combat noble. Soulignons que Le Rassemblement National fut le premier à dénoncer les abattages rituels sans étourdissement. Aujourd’hui, avec une fermeté qui ne nous a jamais fait défaut, continuons à être à la pointe dans la dénonciation des dérives sociétales.