Lettre ouverte de Marine Le Pen, Bruno Bilde, Ludovic Pajot, députés du Pas-de-Calais, et Sébastien Chenu, député du Nord, à l’attention de Monsieur Olivier Véran, Ministre des solidarités et de la santé, sur l’attribution des primes au personnel soignant de la Région des Hauts-de-France

Monsieur le Ministre,

Le 15 avril 2020, le Premier Ministre annonçait le versement d’une prime au profit du personnel exerçant dans les établissements hospitaliers et menant depuis plusieurs mois un combat sans relâche contre le Covid-19. Dans votre communiqué de presse daté du même jour, il est précisé que cette prime serait d’un montant de 1.500 euros dans la trentaine de départements les plus touchés par l’épidémie au profit des internes, agents de service, infirmiers et médecins. Dans les autres départements, seuls les agents exerçant dans les 108 hôpitaux de référence percevront une prime du même montant, les autres agents se verront quant à eux attribuer une prime de 500 euros.

Il apparaît dans le projet de décret que les départements du Nord et du Pas-de-Calais ne sont pas inclus dans les 33 départements considérés comme les plus touchés par l’épidémie de Covid-19. La conséquence directe en est que le personnel hospitalier de ces départements, sauf à de rares exceptions près, sera bénéficiaire d’une prime de seulement 500 euros et non de 1.500 euros. Si cette information devait être confirmée, elle constituerait une injustice majeure.

En effet, la Région Hauts-de-France dans son ensemble a été classée en rouge en vue du déconfinement. Votre administration reconnaît donc que le système hospitalier y est en grande partie saturé, en raison de la présence il y a quelques semaines de lourds foyers épidémiques, notamment dans l’Oise. Cette situation a généré une mobilisation maximale des services hospitaliers, notamment en réanimation, afin de prendre en charge dans les meilleures conditions l’afflux de malades. Qui peut décemment affirmer que les départements des Hauts-de-France ne figurent pas parmi ceux les plus touchés par cette terrible épidémie ? Les hôpitaux du Nord et de Pas-de-Calais ont dû gérer des transferts de patients en provenance d’autres zones plus touchées, ce qui tend également à expliquer la saturation actuelle.

Les médecins, infirmiers et infirmières, internes, agents de service – ces héros du quotidien que les Français ont pris l’habitude dans un formidable élan de solidarité d’applaudir chaque soir – sont des hommes et des femmes dévoués, ne comptant pas leurs efforts. Ce sont eux qui ont contribué à faire reculer progressivement cette épidémie, qui rappelons-le, est loin d’être terminée. Décider de n’allouer qu’à une grande partie d’entre eux une prime de seulement 500 euros est incompréhensible.

Nous vous demandons, solennellement, de revoir la classification des départements du Nord et du Pas-de-Calais afin de les intégrer dans la liste des départements les plus touchés par l’épidémie, et d’assurer ainsi au personnel hospitalier l’attribution d’une prime de 1.500 euros.

Dans cette attente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.