Monsieur le président de la République
Palais de l’Elysée
55 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 PARIS

Paris, le 27 mars 2019

Objet : Grand débat national – Doléances du bassin minier

Monsieur le président de la République,

Nous vous écrivons en nos qualités de parlementaires de la Région des Hauts-de-France afin tout d’abord de vous faire part de notre intention de décliner votre invitation au déjeuner organisé le vendredi 29 mars au Palais de l’Elysée dans le cadre du Grand débat national. Conçu initialement comme un échange, il ne nous apparaît pas acceptable d’être cantonnés au rôle de simples figurants, ne disposant d’aucun temps de parole spécifique pour vous présenter les doléances de nos compatriotes.

Elus d’un territoire – le bassin minier – qui possède de nombreux atouts, mais concentre également de nombreuses difficultés que notre pays subit depuis plusieurs décennies, nous sommes confrontés chaque jour à cette détresse sociale que vous avez pu, nous espérons, percevoir lors de vos divers passages dans notre région. Parce que nous sommes des parlementaires responsables, respectueux de nos institutions, et soucieux de l’intérêt général, nous souhaitons vous présenter les doléances de nos compatriotes ainsi que de mettre en exergue les difficultés principales rencontrées sur nos territoires.

La première de ces difficultés tient à l’abandon progressif par l’Etat de ses territoires, notamment ruraux. Cet abandon se traduit concrètement sur le terrain par la disparition progressive de nombreux services publics, créant ainsi une profonde inégalité entre les habitants des grandes métropoles et ceux des zones rurales. Nous constatons chaque jour la multiplication des déserts médicaux, véritable phénomène mortifère pour nos communes. Encore récemment, le centre hospitalier de Béthune-Beuvry a subi des fermetures de services contraignant ainsi les habitants à se déplacer toujours davantage pour obtenir une offre de soin de qualité, l’hôpital de Denain connaissant quant à lui aussi de sérieuses difficultés.

La diminution de la démographie médicale se conjugue hélas également avec les fermetures régulières de classes dans nos écoles, quand il ne s’agit pas tout simplement de la disparition de l’établissement scolaire. Une école qui ferme est synonyme d’extinction progressive de la vie de nos communes.

Dans la même logique négative, la perspective de suppression de dessertes TGV dans nos villes moyennes telles que Douai, Béthune ou encore Valenciennes risque d’accentuer encore davantage la perte d’attractivité de nos villes et aura des répercussions économiques directes.

Le plan pour la revitalisation du bassin minier annoncé à grand renfort de communication il y a quelques mois devait permettre à nos territoires de surmonter les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Force est de constater que, malgré l’implication des différents acteurs locaux, les résultats ne sont toujours pas au rendez-vous. L’exemple des zones franches est à lui seul l’illustration du caractère incomplet du dispositif, s’appliquant aux nouvelles entreprises et non aux établissements déjà implantés, ce qui a pour conséquence mécanique de générer une concurrence déloyale.

Notre pays traverse une grave crise à laquelle il convient d’apporter des réponses urgentes et durables. Il est de notre devoir de vous alerter sur la détresse croissante de nos compatriotes, mais également de vous apporter des solutions pour y remédier dans les plus brefs délais.

Nos compatriotes ne peuvent plus attendre. Nous nous tenons à votre disposition afin d’évoquer plus directement ces problématiques avec vous.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de notre haute considération.

Bruno BILDE Député de Pas-de-Calais – Ludovic PAJOT Député du Pas-de-Calais – Sébastien CHENU Député du Nord