Le gouvernement vient d’annoncer un nouveau confinement pour le seul département du Pas-de-Calais, dès ce week-end. Cette décision est la conséquence de l’échec de la campagne vaccinale puisque seuls 3% des habitants du Pas-de-Calais sont à ce jour vaccinés. Notre département se situe ainsi à l’avant dernier rang régional en termes de vaccination ; il s’agit pourtant du second département le plus peuplé. Le retard pris dans la campagne vaccinale est inadmissible sur un territoire où les indicateurs sanitaires sont déjà dégradés, c’est-à-dire que la population à risque y est plus importante qu’ailleurs.

Depuis de nombreuses semaines les élus locaux ont alerté l’État sur les retards de la politique vaccinale et sur la pénurie de doses dans notre département. Pour toute réponse l’ARS accuse à demi-mots les élus locaux et les professionnels de santé de ne pas avoir mis en place les conditions nécessaires à une campagne de vaccination massive, ce qui est absolument faux.  Faute de doses en nombre suffisant plusieurs centres de vaccination ont dû fermer leurs portes et suspendre les prises de rendez-vous. Les 10000 doses supplémentaires qui seront prochainement allouées à notre département ne suffiront pas à rattraper le retard accumulé puisque le taux d’incidence des contaminations dépasse de presque deux fois la moyenne nationale.

Ce nouveau confinement, résultat des défaillances majeures de l’État dans sa politique vaccinale est légitimement vécu par la population comme une sanction et une stigmatisation. Alors que l’intensification de la campagne de vaccination devrait être un préalable à tout confinement, pourquoi le Pas-de-Calais a dû faire face à une telle pénurie de vaccins ?