Question écrite de Bruno Bilde, député du Pas-de-Calais, à Nicole Belloubet, garde des sceaux, ministre de la justice, sur l’opacité qui règne autour de la détention des djihadistes

M. Bruno Bilde interroge Mme la garde des sceaux, ministre de la justice sur le déplacement de M. Jordan Bardella à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis le 23 janvier dernier. En effet, en sa qualité de parlementaire européen et comme son mandat l’y autorise, Jordan Bardella a souhaité visiter l’enceinte carcérale et y rencontrer les personnels pénitentiaires soumis à des conditions de travail de plus en plus dégradées et à un environnement de plus en plus dangereux.

Vraisemblablement mal à l’aise, le comité d’accueil du ministère de la Justice a refusé, sans raison valable, l’accès à un bâtiment où étaient détenus des terroristes islamistes au premier rang desquels le tristement célèbre Salah Abdeslam.

Cette entrave contraire aux usages républicains nous interroge légitimement sur l’opacité qui règne autour de la détention des djihadistes à l’heure où quarante ennemis de la France vont être remis en liberté au cours de l’année 2020. Rappelons que près de 70 recrues de l’Etat islamique ont déjà été relâchées depuis 2018 au mépris de la sécurité élémentaire des Français.

Quelles sont les conditions réelles de détention de ces bombes à retardement qui font peser une menace quotidienne sur les surveillants comme l’ont révélé les derniers attentats en prison ?

Quel est l’état d’adaptation de nos établissements pénitentiaires pour accueillir ces détenus d’une dangerosité extrême au moment où vous annoncez le retour de 200 individus partis commettre des exactions et des massacres en Irak et en Syrie sous la bannière noire de Daech ?

Qu’avez-vous à dissimuler ?

Les Français ont le droit de savoir comment vont être incarcérés les revenants du djihad qui sont l’avant-garde d’une idéologie responsable de 264 morts depuis 2012.