Question écrite de Bruno Bilde, député du Pas-de-Calais, à Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, sur l’installation d’un infâme business de la mort au marché de Rungis

M. Bruno Bilde interroge M. le ministre de l’Intérieur sur les pratiques commerciales abjectes qui sont imposées aux familles des victimes du coronavirus dont les cercueils sont en attente à Rungis.

En effet, depuis le 2 avril dernier, un hall du marché de gros de Rungis est réquisitionné par la Préfecture de police de Paris pour accueillir les cercueils des personnes décédées du fait de l’épidémie de Covid-19 et répondre aux tensions des services funéraires. Le préfet de police, Didier Lallement, précisait en outre que cet espace permettrait de conserver, dans les conditions sanitaires « les plus dignes et acceptables les cercueils des défunts dans l’attente de leur inhumation ou crémation » en autorisant le recueillement des familles.

Il apparaît aujourd’hui que le traitement des défunts et les conditions de visite des proches sont parfaitement indignes et totalement inacceptables.

En effet, mercredi 8 avril sur BFMTV, la présidente des Pompes funèbres de France, Madame Sandrine Thiefine, a exprimé sa stupéfaction sur les pratiques en vigueur dans la morgue improvisée de Rungis.

On apprend notamment que le passage du cercueil dans le bâtiment réquisitionné par les services de l’État est payant. Les familles doivent ainsi débourser 150 euros pour les frais d’admission du cercueil et 35 euros par jour. Sachant que les délais pour organiser une inhumation ou une crémation sont actuellement ralentis, la facture peut très rapidement s’envoler.

Plus révoltant encore, les familles doivent verser près de 50 euros pour bénéficier d’une heure de recueillement.

Ces pratiques et ces tarifs intolérables sont clairement inhumains à l’heure où des milliers de familles endeuillées seront dans l’incapacité de voir une dernière fois leur proche à cause des restrictions du confinement.

Comment le préfet de police de Paris peut-il justifier ces règles indécentes ?

Que compte faire le gouvernement pour mettre fin à ce marché de la honte et garantir à nos compatriotes des conditions de recueillement réellement dignes et respectueuses de leur souffrance ?

La gestion de crise ne doit pas autoriser l’ignominie.